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Mark Lanegan Band

Nouveau Casino (Paris)
jeudi 2 septembre 2004

En dépit de l’absence de la divine P.J. Harvey et des excités de Queens Of The Stone Age (Josh Homme et Nick Oliveri) à ses côtés sur scène, Mark Lanegan et son groupe ont brillamment présenté leur excellent nouvel album - Bubblegum - au public enthousiaste d’un Nouveau Casino affichant complet…

Le sombre Mark Lanegan a passé la totalité du concert dans le noir (seulement troublé par les flashes insistants de ses fans) à chanter de sa voix pénétrante, grave, salement nicotinée et alcoolisée. En écoutant, bouche bée ce chant traversé par une rage trop longtemps rentrée, on ne peut que constater que cet homme discret - mais presque inquiétant avec ses airs de loup-garou de Seattle craignant les sunlights - est sans doute un des plus grands vocalistes à arpenter le circuit rock en 2004. Les fantômes de Tom Waits, Jim Morrison et Iggy Pop surgiront tour à tour au cours cette soirée marquante. Le Mark Lanegan Band - Norm Block (batterie), Michael Barragan (guitariste parfois trop expansif), Brett Nettson (guitariste très Creedence Clearwater Revival dans son look), Ed Nappi (basse) et Shelley Brown (chant et chœurs parfaits : on croit parfois à la présence de P.J. Harvey, comme sur Bubblegum) - a parfaitement su alterner les morceaux de blues urbain envoûtants et lancinants, les assauts rock toutes guitares dehors et les chevauchées psychédéliques embrumés… Quel que soit le tempo, le leader du groupe ne se départit pas de sa torpeur droguée. La chose la plus importante étant tout de même l’incarnation désespérée et profonde de chaque mot sortant de sa bouche. Rien d’étonnant à ce que ce ténébreux songwriter ait traîné sur les rives boueuses de la Wishkha (à Olympia) avec Kurt Cobain, juste avant d’enregistrer avec le chanteur de Nirvana et le bassiste Chris Novoselic une version déchirante de Where did you sleep last night de Leadbelly en… décembre 1989.

En ce soir de septembre 2004 sur la scène du Nouveau Casino, on a frôlé la perfection… On peut seulement regretter que certains morceaux n’aient pas été interprétés plus sobrement par le groupe (avec des guitares sèches et moins bavardes) et que Mark Lanegan ne se soit pas déchaîné physiquement sur les titres les plus enlevés. On ne peut donc que vivement conseiller de se rendre aux prochains concerts français de Mark Lanegan pour prendre un shoot de spleen violemment virulent.


www.marklanegan.com/

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 12/09/2004

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