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Didier Super

+ Florent Marchet
+ Pierre Bondu
+ Yann Seul
La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
jeudi 23 septembre 2004

Rentrée des classes agitée hier soir à la Coopérative de Mai… La soirée d’ouverture de la saison 2004/2005 a permis de voir défiler au tableau noir devant toute la classe - plus de 400 personnes - Yann Seul (régional de l’étape appliqué et en forme), Pierre Bondu (surdoué en chanson pop), Florent Marchet (bon élève énervé par l’indiscipline de ses petits camarades) et Didier Super (cancre invétéré et accessoirement idole des jeunes)… C’est toujours la même histoire, tout le monde était venu pour voir le mauvais élève faire le clown, « celui qui fait rien que des idioties pour faire se poiler les autres ». Les autres candidats ont dû faire face à un public inattentif, gueulard et impatient, c’est la principale fausse note de cette soirée assez réussie par ailleurs.

Premier à passer le grand oral, Yann Seul s’est attaché à présenter sobrement ses prometteuses nouvelles chansons à un public encore tolérant à cette heure. Il a su s’attirer la bienveillance de l’assistance grâce à la qualité de ses morceaux pop en français, mais aussi en utilisant avec tact un humour aussi décalé qu’osé pour présenter ses textes. Après un premier disque et des concerts remarqués, Yann Seul devrait encore faire parler de lui sous peu : la publication de son nouvel album est imminente.

Peu après Pierre Bondu est venu présenter son excellentissime album, Quelqu’un quelque part. Sosie vocal et physique de Jean-Louis Murat - bien connu rue Serge Gainsbourg -, Pierre Bondu a fait preuve de sa classe habituelle malgré une certaine nervosité - sans doute due à un retour sur scène et à un public commençant à manifester des signes d’agacement assez incompréhensible. On souhaite vraiment à ces gens d’avoir en face d’eux un songwriter aussi doué à chaque fois. Textes introspectifs très bien écrits, musique admirablement pop, reprise de La machine - le tube du groupe Holden -, rien ne manquait à ce concert… En formation réduite (sans claviers, ni cordes ou deuxième guitare), Pierre Bondu a prouvé que ses morceaux tenaient la route sur scène. On espère le revoir très vite !

Contrairement au festival de Sédières où ses blagues avaient fait mouche et détendu l’atmosphère, permettant par la suite de découvrir des chansons bien écrites, Florent Marchet a prêché dans le désert pendant toute durée de son set. Le brouhaha général lui a même coupé l’envie de parler entre les morceaux, et on le comprend ! Difficile de présenter son premier album, Gargilesse, dans des conditions aussi mauvaises… Du coup, les morceaux qui avaient fait bonne impression en Corrèze ont parus moins marquants à la Coopérative de Mai. Après une reprise de Et quand bien même - un titre signé Gainsbourg (pour Jane Birkin) -, Florent Marchet et ses acolytes s’éclipseront assez rapidement, vexés. On le serait à moins, surtout quand on voit l’accueil réservé à leur successeur sur les planches quand il décapsule une bière avec sa guitare (un « exploit » désormais obligatoire pour se faire signer par une grosse maison de disques et s’attirer les faveurs du public ?)…

La place est maintenant libre pour le chanteur que tout le monde attend, le « fameux » Didier Super. Dès son arrivée, il triomphe et cabotine, à la grande joie de l’assistance hystérique et pliée en deux à la moindre de ses facéties. Il faut avouer que cet hurluberlu a des talents d’acteur peu communs : on a l’impression d’assister à un spectacle de théâtre de rue, parfois drôle, souvent lourdingue, en tous cas assez épicé. Il semble quand même y avoir une erreur de casting, pourquoi avoir programmé ce rigolo en tête d’affiche d’une soirée "chanson pop en français" ? Certes Didier Super utilise la même langue mais d’une tout autre façon, cela va sans dire… Blagues à deux balles, provocations faciles, ressorts comiques usés jusqu’à la corde, rien n’est épargné au public, qui en redemande bien évidement. Il faut dire que devant cette déferlante de conneries ininterrompues, on ne peut s’empêcher de rire, même en grinçant des dents devant les allusions pachydermiques à la pédophilie, au viol, au racisme, à l'homophobie et à la misère. Même s’il est secondé par une contrebassiste souffre douleur et un idiot du village à la flûte, à la pédale de distorsion et à la grosse caisse (sur la tête), nous assistons donc à un « one man show » de Didier Super. Celui-ci se faisant fort de démontrer à quel point il chante mal, joue - mal - de la guitare et écrit… mal. L’album de Didier Super - plutôt drôle à la première écoute, mais on n’a pas tenté l’expérience une seconde fois… - s’intitule Vaut mieux en rire que s’en foutre (disponible chez tous les disquaires qui ont des couilles, dixit son site Internet), la bonne attitude à adopter semble être de s’en foutre en riant… jaune.

A lire également : un entretien avec Yann Seul.


www.didiersuper.com
www.pierrebondu.com
www.florentmarchet.com


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 24/09/2004

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