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Devendra Banhart + CocoRosie + Jeffrey Lewis

Le Grand Mix (Tourcoing)
mercredi 20 octobre 2004

Avec une affiche rassemblant CocoRosie et Devendra Banhart, on se disait déjà qu’on avait pas pris le métro pour rien. On était encore loin du compte puisque Le Grand Mix nous réservait une jolie surprise avec la présence en première partie de Jeffrey Lewis. 3 concerts pour le prix d’un, c’est pas fréquent et en plus, financièrement, c’est l’occasion de se repayer une petite bière.

Jeffrey Lewis, bien cool, nous présente son frère à la basse et un de ses amis à la batterie. Physiquement, le jeune homme fait irrémédiablement penser à un Thurston Moore (Sonic Youth) qui aurait vraiment 20 ans : même dégaine de sale jeune, même mèche aveuglante, même guitare bariolée d’autocollants pourris. Partant donc affublé d’un a priori positif, Jeffrey Lewis ne déçoit pas. Avec son folk boosté à la batterie dévastatrice, il fait varier les plaisirs alternant furie et intimisme.

Suite de la soirée avec une vraie interrogation : qui donc va arriver sur scène ? Entre Devendra Banhart et CocoRosie, on ne sait pas trop qui est la première partie de l’autre. Finalement, ce sont les canadiennes qui apparaissent dans l’arène. Première constatation : elles sont bien plus belles que prévues. Première réclamation : dire à leur attachée de presse de revoir les photos de la promo (cf ci-dessus). Musicalement, l’affaire tient très bien la route. Les 2 jeunes filles, accompagnées d’une de leur amie et surtout d’un français faisant office de beatbox, parviennent à merveille à recréer les ambiances intimistes de leur album La maison de mon rêve. Les bruitages sont assurés par un très simpliste clavier musical pour enfant, pour imiter le bruit d’un coq, d’un âne ou d’un cochon, y a pas mieux. Bref, le concert est très joli, d’autant plus que des vidéos sont projetées juste au-dessus de la scène. A l’image, beaucoup de dessins, un peu de vidéo. Une iconographie naïve mais perverse : tout à fait l’impression que donnnent les chansons du duo canadien.

En ce qui concerne Devendra Banhart, on avait un peu peur de se faire chier, l’Américain n’étant pas, sur disque, un adepte de la franche déconne. Mais le Devendra live n’a rien à voir avec le Devendra studio. Alors que ses 2 CD sont essentiellement acoustiques et introspectifs, sur scène, il s’entoure d’un véritable groupe de rock. Et ses colistiers sont tout sauf des mecs posés. Complètement déjantés, ils accompagnent le chanteur dans un long récital rocko-folko-foutraque. Un grand n’importe quoi qui tient la route grâce à la présence du messie de la soirée, Devandra Banhart. L’Américain mérite bien son statut de nouvelle star de la folk. Habillé et coiffé comme Jésus de Nazareth, sa dégaine est littéralement christique. Alors bien sûr, quand il monte sur une enceinte et se met à toiser le public à 3 mètres au-dessus du sol, on ne peut éviter de penser au majestueux et ridicule Christ de Corcovado qui domine la baie de Rio de Janeiro. Déjà impressionnés par le personnage, on en reste bouche bée quand, à l’occasion de la venue sur scène d’une des 2 CocoRosie, on découvre que le barbu est en couple avec la jolie chanteuse. Se seront succédé sur scène tous les protagonistes de la soirée : " A big family " en conclura Devendra. Ouais, une sacrée belle famille.


www.xlrecordings.com/devendrabanhart/
www.konzert-buero.de/bands/cocorosie/
www.thejeffreylewissite.com

auteur : Vincent Glad - vincent[at]foutraque.com
chronique publiée le 26/10/2004

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