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James Yorkston and The Athletes

+ Ray Lamontagne
Nouveau Casino (Paris)
mercredi 10 novembre 2004

Il est des moments qui bouleversent votre vie. Sans crier gare. En pleine lecture du vital Tropique du Cancer d’Henry Miller et des interrogations existentielles qui vont avec, la rencontre avec l’écossais James Yorkston me semble si évidente maintenant. Je ne peux m’empêcher d’écouter deux fois par jour le premier album Moving Up Country, et le récent maxi de covers Someplace Simple. D’y trouver des doutes, de la chaleur humaine, de l’émotion, du réconfort.

Ce soir-là, il faisait froid. Les mines étaient contrariées, rougies et un peu défaites. Elles allaient retrouver leurs couleurs au contact d’un folk réchauffant. Ray Lamontagne, petit ermite timide était annoncé. Un barbu troublé, semblant s’illuminer pour son folk acoustique champêtre désillusionné. Un bûcheron chétif en veste beige, gêné mais presque heureux sur scène, seul avec sa guitare. Un Leonard Cohen plus country et moins évident, une voix rauque qui s’emballait. D’un coup, le noir et le blanc étaient mélangés, et le blues vissé au corps de Ray se rapproche d’un James Brown blanc-bec, sans artifices, juste des fêlures et cicatrices. Folk de contrebande pour Amants de la nuit fugitifs. Soupirs, frôlements, disputes, sanglots, ruptures… typiquement américain dans cette poétique de l’amour (qui) dur(e).

James Yorkston et ses Athletes, eux, font du folk écossais traditionnel, de la plus belle des manières. Universel, il ressemble à celui de Bill Callahan, depuis que (smog) a trouvé sur sa route Jim O’Rourke, à la country austère de Will -Bonnie Prince- Oldham. James était placé au centre, assis, entouré sur sa gauche du batteur multi-instrumentiste, derrière lui du contrebassiste, et à sa droite de l’accordéoniste. Des anges délivrant une country dépouillée, proche du cœur pour ce bad boy repenti mué en prêcheur doux voire convaincant. Mais également une pop qui swingue, sur des morceaux où le banjo, l’harmonica, la batterie et autres cordes s’entremêlaient. Dans ces moments-là, on venait d’enfourcher son canasson fatigué et les paysages semblaient défiler. Un Calexico plus brut, moins mainstream. Les arrangements magiques d’In Your Hands, St. Patrick, I Spy Dogs ou I Know My Love étaient exécutés avec la délicatesse d’humbles orfèvres, James rayonnant dans cet univers, prenant plaisir à s’accorder en sifflotant, reprenant King Creosote ou quand il livrait une bouleversante variante de Tender To The Blues. Someplace Simple fût un sommet de générosité et nous étions tous captivés, en communion avec la Bande à James.

(Photo de Nathan Seabrook)


www.jamesyorkston.co.uk
www.raylamontagne.com

auteur : Stanislas de Guillebon - stan@foutraque.com
chronique publiée le 12/11/2004

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