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Jean-Louis Murat

Café de la Danse (Paris)
lundi 15 novembre 2004

Ce soir c’est Byzance au Café de la Danse. Notre Jean-Louis national a en effet attiré dans ses filets - événement !- la belle Jennifer Charles et lui a composé un magnifique écrin, grâce au savoir-faire d’«[...] Interflora. C'est beau, hein ? ». La scène est en effet toute entière parsemée de pétales de roses, et des bouquets sont disposés ça et là : faut dire que c’est aujourd'hui l’anniversaire de la divine brune, et que le trouvère auvergnat sait manifestement recevoir.

Semble-t-il grippé (vérité ou simple « coquetterie » ? « Mon médecin m’a dit que je pouvais tenir une heure. Au delà il ne répond plus de rien »), le « stakhanoviste » de la chanson française se la joue Neil Young pour commencer, accompagné de ses deux comparses habituels, les « Helvètes Underground » (trouvaille du Figaro, nous l’apprendra un Jean-Louis manifestement circonspect), Fred Jimenez et Stéphane Reynaud.
Revisitant avec classe certains extraits du DVD Parfum d’acacia au jardin (en formule guitare/voix/harmonica/basse/batterie), ils laissent les morceaux s’installer, en proposant de longues introductions instrumentales, dans un Café de la Danse bondé mais incroyablement recueilli.
Les premiers rangs, pour la plupart accroupis dans la fosse, sortent de leurs rêveries à l’occasion de piques et autres vannes bien senties, et se laissent enfin aller sur Chappaquidick, entraînant au possible.
Véritablement soudés (un seul regard suffit pour infléchir la tournure d’un morceau), les 3 mousquetaires impeccables touchent juste, au gré d’une set-list bien sentie, qui mêle morceaux « contemporains » (beaucoup issus du Moujik et sa femme, quand Mustango est bizarrement « boycotté ») à d’autres plus anciens. (Le lien défait, Terres de France…)
Le son, parfait, ravit des oreilles trop souvent agressées par l’incompétence de certains ingé-son, et le concert, dans sa première partie, tutoie déjà des sommets.

Que dire, alors, de sa seconde partie ?
Sitôt Zibeline Tang exécutée (« Ring Ring Ring, v’là l’amour »), après 1h20 de concert, apparaît enfin aux bras de Jean-Louis, parti galamment la chercher en coulisses, l’objet de toutes les attentions, la flamboyante Jennifer Charles, de l’excellent groupe new-yorkais Elysian Fields.
Heureux parisiens ! Coûts de production oblige, seules 6 dates exceptionnelles, au Café de la Danse, se voient gratifiées de sa présence (et de celle d'Albin de la Simone, impeccable aux piano et clavier) : pour la promotion de Lilith, c’était peu ou prou la même histoire, puisque Camille ne s’était pointée sur scène qu’à l’occasion des représentations de la Cigale...
Magnifique dans sa belle robe orange aux manches froufroutantes, perchée sur des talons aiguilles, sensuelle en diable, Jennifer chante divinement, et en vraie pro, ne trébuche jamais sur un mot ou une phrase (pour une première, chapeau !).
Souvent hilare, toutes dents dehors, Jenn’ allume gentiment son Jean-Louis, qui en retour lui accorde maints baisers et caresses. On n’ira pas jusqu’à la démonstration de French kissing (Madame Murat doit veiller en coulisses), mais leurs duos sont d’une sensualité rare.
Les meilleurs titres de Bird on a poire sont proposés ce soir, même le « sulfureux » Monsieur craindrait les demoiselles, que Jean-Louis, pas à une facétie près, offre à sa « belle » en guise de cadeau, lors d’un premier rappel initié par un public reprenant un « Joyeux anniversaire » de circonstance.
« Mon cher ami vous baisez trop, […] Mon cher ami, vous bandez trop » : pas facile à interpréter sur scène, quand Murat, certainement fort satisfait de l’effet produit, amuse continûment la galérie. Pas d’éclat de rire, cependant, de la déesse new-yorkaise, et son retour en coulisses se fait sous des applaudissements nourris (mérités).
On aura droit pour finir, à une version particulièrement sauvage des Jours du jaguar, et à un ultime retour, Gagner l’aéroport, juste avant l'entrée en vigueur du couvre-feu local (22h30 au Café de la Danse). 

2h15 de concert, quasiment pas de temps mort : assurément l'un des meilleurs concerts de l’année.
S'il n’est pas trop tard, réservez vite votre place ! Prochain embarquements : 16,17, 22, 23 et 24 novembre 2004 !

Set-list :

Au cabaret, Margot, Parfum d'acacia au jardin, Sentiment nouveau, Chappaquidick, L'amour qui passe, L'au-delà, La petite idée derrière la tête, Foule romaine, Le lien défait, Terres de France, Comme au cinéma, Zibeline Tang

A bird on a poire, Mirabelle Mirabeau, Elle était venue de Californie, French kissing, Petite Luge
(+ Jennifer Charles & Albin de la Simone)

Le cri du papillon

Rappel 1 :

Monsieur craindrait les demoiselles (+ Jennifer Charles & Albin de la Simone)
Les jours du jaguar

Rappel 2 :

Gagner L'Aéroport


www.jlmurat.com
www.bangbang.fr.fm
www.chez.com/murattextes/

auteur : Jérôme Crépieux - jerome_(at)_foutraque.com
chronique publiée le 16/11/2004

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