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The Magnetix

+ Il Fulgurante
+ Las Vegas Dead Brides
Les Abattoirs (Riom)
samedi 13 novembre 2004

Pas d’Abattoir blues…

Impossible de ressentir l’Abattoir blues lors d’une soirée comme celle-là ! Certes, nous venons de rentrer dans le joyeux mois de novembre, certes, il fait froid, certes, on prend la route pour aller aux Abattoirs de Riom... Mais, petit détail qui change tout, il y a trois groupes de rock garage qui sont programmés ce soir : les Las Vegas Dead Brides - fier combo garage bien connu de nos services, qui organise d’ailleurs la soirée -, Il Fulgurante - un ovni hardcore garage punk - et le duo psycho garage Magnetix… Pour mettre tout le monde dans des conditions optimales, le public est accueilli par une DJette brune pas maladroite, bien au contraire ; l’assistance aura droit à un déluge de décibels garage punk aussi assourdissants que bien sélectionnés. A l’étage au-dessus, quelques maniaques de vidéo, de cinéma et de dessins-animés projettent sur le mur trois films en même temps, c’est drôle, original et scotchant. En clair, tout cela est de bon augure pour le reste de la soirée…

Las Vegas Dead Brides, à fond dans le garage !

Comme lors des deux fois précédentes où on a pu les apercevoir sur une scène, les Clermontois de Las Vegas Dead Brides ont réchauffé le cœur des amateurs de garage rock joué avec la bonne attitude… Les riffs de guitare blues broyés par la moulinette rock s’entrechoquent avec des rythmiques punk et un chant de psychopathe ; à notre connaissance, on n’a rien inventé de mieux depuis les années 60… Les morceaux percutants et fiévreux se succèdent donc à un rythme effréné, à la grande joie des aficionados du groupe (plutôt nombreux)… Mais ce serait trop beau si tout était parfait : la batterie prend un peu trop le pas sur les autres instruments, la voix étant - quant à elle - parfois trop faible pour être appréciée… Mais globalement, on passe un moment fort agréable, grâce à des morceaux bien composés bénéficiant de multiples détails qui rendent fou : riffs gorgés de fuzz, rythmiques saccadées, basse « in your face » et aboiements dans le micro entrecoupés de parties d’harmonica jouissives… Tout cela se retrouve sur l’excellent premier 45 tours 4 titres que viennent de sortir les Las Vegas Dead Brides. Mais un concert des LVDB sans les facéties et les blagues foireuses du guitariste Schmidt n'en ai pas vraiment un, aussi se croit-il obligé de justifier le style de son groupe (Outtatune garage band) : il remercie quelqu’un pour le prêt de son accordeur avant d’entamer un morceau avec sa guitare sonnant comme une casserole rouillée. Et finalement, son riff désaccordé est très bien comme ça ! Si ça peut choquer une ou deux oreilles trop sensibles à la justesse, c’est toujours ça de pris…

Il Fulgurante, une performance scénique qui fait des éclairs…

Alors là, c’est du violent Mesdames et Messieurs… Description des forces en présence : trois forcenés jouent très vite une sorte de garage hardcore supersonique pour permettre à un inquiétant chanteur ressemblant à Bela Lugosi - ressuscité et débordant de vie - de hurler en italien comme un possédé. S’en suivront moult massacres de pied de micro et de tambourins innocents, des contorsions incessantes, une confrontation perpétuelle avec un public enthousiaste et ravi d’avoir affaire à un tel énergumène. Les morceaux d’Il Fulgurante sont tous joués à la vitesse de la lumière, ce qui nuit un peu à l’appréhension des compositions et nivelle tout… Cependant, le tourbillon sonore ainsi créé se révèle aussi envoûtant qu’infernal. On reste coi devant la présence maléfique de cette bête de scène/chanteur échappé d’un asile et accompagnée par des camarades musiciens aussi barrés que lui. Il Fulgurante est vraiment un groupe à voir sur scène pour tous les fans de performances bruitistes.

The Magnetix, le clou de la soirée.

Et enfin, la palme de la soirée revient… aux Magnetix ! Présentations : une femme charmante à la batterie minimaliste, un homme à la guitare psycho blues crade… Ça fait penser à un groupe célèbre venant de Detroit, non ? Mais les Magnetix, bien loin de confronter la pop à leurs univers rock garage (comme les fameux White Stripes) se « contentent » de jouer leurs morceaux ultra basiques avec une foi et une violence totalement bouleversante. Les riffs de punk blues concassés et autres furieux cris se télescopent violemment avec les rythmes secs prodigués par la batteuse, et en un rien de temps, tout le monde a la bougeotte. Le cercle de spectateurs se rapproche de la scène pour mieux participer joyeusement à cette orgie psychobilly punk. Les membres d’Il Fulgurante ne sont pas les derniers à énerver nos deux virulents garagistes, déjà passablement survoltés. Et ce qui devait arriver arriva : le guitariste chanteur se jette sur eux pour « jouer à la bagarre » dans une atmosphère ultra rock n’ roll et conviviale… C’est un peu facile mais les Magnetix ont tout bonnement une présence scénique quasi magnétique : impossible de les quitter des yeux ou de décrocher de leur musique. Certes, c'est toujours le même morceau… mais c’est ça qui est bon ! En plus, la distorsion naturelle du lieu - fait de béton et de fer -, sied parfaitement aux sons dissonants du guitariste des Magnetix, cela ajoute même un côté underground pas dégueu… Ce duo orgasmique est à voir absloument !
Puis, la soirée se termine comme elle avait commencé : dans un tourbillon de titres garage et d’images décalées. On reviendra avec grand plaisir aux Abattoirs.


www.themagnetix.com
ilfulgurante.free.fr/

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 23/11/2004

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