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Angil

+ Lepil
House Of Live (Paris)
mercredi 29 décembre 2004

Froide soirée d’hiver. Sur les Champs-Élysées, couples et solitaires continuent leur monotone ronde de consommateurs. A quelques mètres de là, le House Of Live, pub anglo-saxon, courageux bastion pop quand les autres sacrifient tout aux paillettes, reste la seule bonne étoile vaillante d’une capitale qui paraît endormie. Le son est toujours aussi rudimentaire, le Pop in en moins bien, mais l’affiche aguichait, avec l’occasion de voir Angil alias Mickaël Mottet en solo (c’est mieux qu’avec son groupe). En guise d’apéritifs tardifs, les rockers français Lepil, entre Katerine boosté aux hormones et Dominique A avec des guitares, des vraies. Pas mal.

Angil est seul donc, jeune, barbu, cravate bordeaux sur chemise sombre rayée, et il a l’air timide. Mathieu Malon aka Laudanum (parrain occulte ?) rôde. Quelques maracas avec coquillages et autres instrus à percussions bizarres forment un petit potentiel de distorsion massive. Angil attaque avec un inédit « Une chanson existe à partir du moment où elle est entendue », sans titre pour l’instant, « Si vous avez des suggestions, je suis ouvert… ». Souffle samplé, fredonnement en boucle, chantouné en anglais, le morceau lo-fi mute Halloween Party. Fête avec les morts, faites avec les morts, dansons sur les troubles de l’âme. Malin et malsain croisement entre Animal Collective (pour les indiens en transe mais sans le mur de son live) et Berg Sans Nipple (pour la post-pop électronica).
Beginning Of The Fall suit, percu sourde, human beatbox, Katerine enregistrant pour l’écurie FatCat. Passage folk-pop, Neil Hannon meets Adam Green meets Neil Young 70’s puis envolée en altitude. Potentiel débordant chez ce gaillard.
To Not Think avec son K déchiqueté, première chanson sans E. Pop aux multiple ramifications, entre The Experimental Pop Band et David Grubbs, cité.
Souls Shop à la guitare, « le magasin où l’on peut tout acheter, surtout son âme, mais aussi des yeux, entre autres réjouissances ». Obsédante litanie, collage évoquant Octet ou Encre, sur un versant français. Vive le métissage ! Puissance confirmée des morceaux où l’on s’oublie. Longue improvisation lancinante, propice à l’abandon. I’m Trying, école Big Dada avec modulations de sample que ne renierait pas cLOUDDEAD, abstract folk hip hop, vocal tribal incantatoire en final.
In Purdah, lointaine litanie sur le « possible devenir des personnages à la fin d’un roman ». Doubles mélodies, chant plus Day One que Ben Kweller, plaisir redoublé.
Sublime et dépouillée conversation-monologue A Long Day To Be Happy, Darling Said, voix déformée, dernier salut de Johnny Cash d’outre-tombe, plus folk, évoquerait la mini-découverte Ray Lamontagne.
Un vieux morceau, très inspiré par Smog, If I Stumbled, puis No More Guitars en conclusion. Guitare, plus psyché que les précédentes, plaque métallique dissonante. Toujours ce sentiment de troublante familiarité des sons venus d’ailleurs. Finale post-rock, naufragé Angil en perdition.

Prochain concert le 26 janvier au Pop in. Et sinon sur angil.fr.fm, une heure de concert avec orchestre à télécharger et à écouter.


www.angil.fr.fm
www.uniquerecords.org
www.houseoflive.com

auteur : Stanislas de Guillebon - stan@foutraque.com
chronique publiée le 07/01/2005

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