18/07/2019  |  5211 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 16/07/2019 à 22:02:07
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique concert
The Concretes

+ The Konki Duet
Nouveau Casino (Paris)
mercredi 12 janvier 2005

Soirée magique. D’abord, éloge de The Konki Duet, enfin un concert excellent à la hauteur du talent du trio, producteur de mini-échafaudages sonores. Les trois filles font des reprises avec des bouts de cordes et des bouts de bois, et leurs vocalises communes confèrent aux chansonnettes un potentiel émotionnel multiplié. Comme sur Il fait tout gris, ce poulain d’Active Suspension reprend en folktronica des scies pop comme l’incontournable Fade to grey de Visage, mais dans des versions ralenties, alambiquées, (dis)gracieuses. Sur scène, une longue table pour accueillir synthé et portables. Derrière, trois chaises et trois demoiselles en chemise blanche assises. L’une avec sa guitare, l’autre aux claviers, la troisième au violon. Le trio est comme ça, bon et simple. Et ses mini-odyssées brusques ou tendres en terres connues (No One Knows des Queens of the Stone Age) se transforment en compositions aux structures mystérieuses et aventureuses. De toute façon, un groupe capable de scratcher sa guitare, comme un rappeur avec son vinyle, ça vaut de l’or.

Quand The Concretes, généreux big band soul pop funk rock, déboule chez vous, y a de quoi vous réjouir. La Suède règne au firmament de la pop et ni les Anglais, ni les Américains, sauf peut-être les Canadiens (Broken Social Scene, The Unicorns, au hasard), ne pourront rien y changer. Comme Radio Dept, les joyeux drilles de The Concretes viennent de Malmö, au sud du pays.
La bande, nombreuse et éclectique, trois ou quatre filles et au moins quatre ou cinq garçons, fait plus que convaincre, et c’est peut-être autant leur folie collective que le talent de chacun (la voix sucrée de Victoria Bergsman, par exemple) qui séduisent. Ce sont les trois filles qui sont à l’origine, dès le lycée, du groupe, les mecs s’y sont greffés (par hasard ?) par la suite. Il y en a pour tous les goûts, une brune, une blonde et une rousse (mais c’est une perruque, un costume de scène pour Victoria, leadeuse). Et le minimal syndical instrumental, synthé basse guitare batterie ne demande qu’à s’enrichir de cuivres, saxo, trompette ou d’autres cordes.
Pensez à un croisement de Mazzy Star (Velvet, guitares californiennes, voix féminine) et des Shangri Las (les chœurs, l’orchestration luxuriante, un son très sixties). Victoria chante vraiment presque comme Hope Sandoval, mais en pleine lumière (hein, Chan Marshall !). Une fois de plus, toutes nos étriquées étiquettes musicales volent en éclat et la pop en sort majeure et victorieuse.
Le résultat est instantanément joyeux, dansant, foutraque et réchauffant, surtout en hiver et en live. Le violoncelle règne dans l’ombre, deux grands chevelus sont armés de flûtes ou de cuivres, le toucher de la batteuse blonde est agile et fluide, les claviers tendres qu’accompagnent deux guitaristes et deux filles au jeu théâtral.
The Concretes ? Une certaine idée du bonheur musical.


www.lickingfingers.com
www.thekonkiduet.com

auteur : Stanislas de Guillebon - stan@foutraque.com
chronique publiée le 19/01/2005

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire