20/05/2019  |  5193 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 20/05/2019 à 17:50:59
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RTX

+ Bad Wizard
Point Ephémère (Paris)
mardi 22 février 2005

Le chanteur a l’étoffe d’un biker gay seventies gras,velu, frisé et caressant. Un vrai dur, quoi. Il tient son micro comme une pinte, caresse les hanches de la minuscule et tremblante leadguitariste pour l’encourager, montre des gens du doigts en faisant « Yeah » et fait les riffs dans le dos du guitariste en velours et bouclettes avec la guitare derrière ses épaules.
Chaud, huileux comme les bras du monsieur qui chante, le solo qui monte très haut et très vite, la basse comme il faut, la batterie qui martèle à la perfection cliché et tout le monde qui tape fort du pied pour que ça rentre mieux dans le corps.
Ce groupe est géniteur d’un nouvel album mauvais et stérile, ce groupe à une des pochettes les plus immondes qui soient, digne d’un flyer pour une soirée disco glam, ce groupe est incroyablement cliché. Ce groupe s’appelle Bad Wizard et il suffisait qu’il commence à faire saturer les amplis pour qu’il déchire sa race, que ça tremble dans l’utérus et qu’il devienne foutrement et clairement mémorable.

A peine le temps de finir sa bière en reversant la moitié parce qu’on arrête pas de vouloir lever le poing en l’air, c’est fini, on rallume les lumières et le biker seventies brûlant comme dégoulinant se fait attraper la bouche par fille qui fait bien 20 cm de plus que lui et on découvrira où exactement plus tard. Si on se concentre, bien qu’elle soit de dos, on voit sa langue entre ses cheveux. Elle est blonde platine, presque matière plastique, presque plumeau à poussière kitsch. On voit le derrière de ses genoux à travers son jean craqué et elle porte un poncho blanc à franges avec au milieu de celui ci, une gravure d’un aigle royal. C’est elle, Jennifer Herrema.

On débarasse la scène des choses inutiles, on met ces grosses guitares toutes pointues et d’énormes amplis qui font facile la taille du biker gay. Jennifer Herrema monte triturer son micro, beugle des « Hey, Where’s the fucking band ? », repart, et revient avec le fucking band.
Guitariste et bassiste ont les cheveux long et l’air cool, le batteur, chauve, commence et cogne fort. La basse, dès la première note, remue le ventre capterait presque toute l’attention si la grande blonde au milieu n’était pas autant sidérante. La voix cassée, le visage caché par ses mèches platines, Jennifer Herrema feule dans son micro et marche entre les fils, calant ses pas sur les vibrations de son copain chevelu. Elle passe derrière la batterie, pose sa main sur l’épaule du guitariste, revient au milieu, gueule, se met à genoux, s’attrape les cheveux, se penche, accroupie contre les retours et le premier rang, domine tout ce petit monde sans en avoir encore grand chose à foutre et pourtant pose encore, avec autant de nonchalance que de délectation.
On sait qu’elle tient pas debout et qu’en version studio c’est inaudible et ça n’a aucune importance. Jennifer Herrema met tout le monde par terre dans une classe violente et vulgaire, posée et assourdissante qui même assise sur la batterie, la grosse caisse cognant entre ses longues cuisses qui ne sont pas ici pour la pose, n’en a pas assez et s’en va une demie heure plus tard, sans se retourner, nous laissant moites, surexcités et presque frustrés, mieux qu’on aurait pu esperer.


www.truxrox.com
www.teepeerecords.com/badwizard/

auteur : Charlotte K - charlotte@foutraque.com
chronique publiée le 03/03/2005

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