16/07/2019  |  5211 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 15/07/2019 à 16:47:51
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The Arcade Fire

Nouveau Casino (Paris)
jeudi 10 mars 2005

Une fabuleuse et fantastique expérience ! Pour une fois que le buzz, et tout le reste, est amplement justifié !
Léger retour sur une médiatisation fulgurante. Donc un disque, ce Funeral, méritoirement acclamé, qui est sorti sur un petit label et a été repéré par un webzine défricheur, Pitchfork. Le buzz était né, et, une fois de plus, Les Inrocks avaient loupé le coche. Ce disque fabuleux a été enregistré à l'Hotel 2 Tango, repaire de l'écurie Constellation, et studio légendaire du quartier de Mile End à Montréal, bien qu'il semblerait ne pas y avoir de rapports entre les uns et les autres. Et pour finir une tournée américaine affichant complet partout, tout comme cette escale parisienne, avant même la distribution française de l'album par Rough Trade.

Je ne sais pas si je vous le souhaite, mais vivre un concert d'Arcade Fire, c'est déjà plus que de l'écouter, et malade comme un chien, ça relève du martyr sublimé. Chronologie d'un miracle musical et d'un désastre médical. Il est 20h, sept personnes montent sur scène, avec des accoutrements morbides tous droits sortis de Six Feet Under (série US dont le personnages principaux sont des croque-morts). Premier morceau, gros tambour martelé par un sosie d'Erlend Oye allumé, provenant de Barry Lyndon. Premières mesures rythmique, roulements de batterie, basse en douce, le chanteur commence à geindre avant de chanter. Le son m'enveloppe, m'envahit, me transperce. Soudain, je suis saisi de nausée, frissons, fièvre, tremblements, le tout en même temps. Malade, ok. Mais je suis tellement pris par cette liturgie païenne foutraque (par opposition à celle plus slave et mélancolique de Matt Elliott, vu la veille) que je resterai jusqu'au rappel.

Donc 5 gaillards en costards, Tim Kingsbury, Richard Parry, Howard Bilerman, et les deux frères Will et Win Butler. Et deux femmes, Sarah Neufeld et Régine Chassagne. Précision intéressante : Win et Régine forment un couple, et chantent tous les deux. Autre élément : le groupe improvise beaucoup sur scène, et passe son temps à intervertir les instruments à chaque intermède.

La pop de l'Arcade Fire est agitée (Polyphonic Spree), rythmée (Talking Heads) et sombre (Birthday Party) mais reste généreuse en live. Les morceaux s'enchaînent sans temps morts, tel Neighborhood pour un Wake Up enlevé, et tous ravissent. Le cerveau comme les jambes, d'ailleurs. En comparaison canadienne, on peut penser à des Dears plus rock que noisy. Personnellement, ils m'évoquent tous une chorale d'étudiants fêlés dopés aux hormones sympathiques.

L'Arcade Fire, qui a plus d'une tombe dans sa timbale, et tout un attirail musical (de l'accordéon au xylophone, en passant par tout le reste), sait aussi se faire boogie du bayou, voire laisser la place à l'apprentie sorcière Régine. Qui minaude trop, mix improbable d'Hope Sandoval et Kathleen Hanna. Et puis il y a un morceau ou les sept sifflent pendant deux minutes, et là on est très loin de Blanche Neige et les sept malins. Vous savez ce qu'ils vous reste à faire : prier pour avoir votre place pour leur prochain concert ! Bonne chance à vous.


A lire également, le compte rendu du génial concert donné par Arcade Fire au festival Rock en Seine, fin août 2005, ainsi que la critique de l'album Neon Bible.


www.arcadefire.com
www.mergerecords.com


auteur : Stanislas de Guillebon - stan@foutraque.com
chronique publiée le 15/03/2005

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