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Camille

+ Carton
La Condition Publique (Roubaix)
samedi 7 mai 2005

Anciennement affectée au conditionnement de la laine et de la soie, la Condition Publique de Roubaix est désormais une manufacture culturelle. Tous les bobos de la métropole lilloise s’y étaient donnés rendez-vous. La chanteuse Camille s’y donnait en concert, et s’y donnait tout entière.

Carton, un artiste belge, faisait la première partie. Véritable homme-orchestre, seul en scène, il utilise un instrument original : une batterie hybride composée d’éléments acoustiques et électroniques, déclenchant sons et échantillons. Ce dispositif vient se combiner au chant en «yaourt» pour produire une musique atypique. Sa voix à vif nous balade entre des rythmes latinos entraînants et des chansons plus mélancoliques.

Puis c’est le tour de notre égérie de l’électro-pop de venir sur scène. La belle débarque dans une tenue angélique, tout de coton blanc vêtue, mèche brune sur les yeux. Elle est accompagnée d’un claviste-accordéoniste aux sourcils scintillants, et d’un chanteur-bruiteur au flow impressionnant. Camille se penche sur un micro au fond de la scène et chantonne doucement. Lorsqu’elle quitte le micro pour retrouver le devant de la scène, sa voix continue de nous bercer. Elle s’est samplée ! Le concert commence avec une des plus belles chansons de son second opus, La jeune fille aux cheveux blancs. Un groupe de fans d’à peine une vingtaine d’années chante à tue tête chaque morceau. Et comme sur son album Le Fil, la note « si » traverse le concert, filant l’accord parfait avec l’enregistrement initial des chansons.

Camille est bien sur scène. Elle chante, elle danse, elle sourit, elle plaisante, tendant sa bouille de bébé joueur à un public conquis. S’emberlificote dans un fil, un vrai cette fois. Enchaîne un titre mélancolique avec des chansons plus rythmées, où son corps est parcouru par les secousses du tempo. Habitée par sa musique. Mais sans se prendre au sérieux. Elle fait reprendre en cœur aux garçons dans la salle le refrain de Je suis une fille pour les « libérer ». Son claviste donne le rythme avec une banane, tandis qu’elle s’allonge, épuisée par une interprétation de Janine I, II et III particulièrement endiablée. Les pissenlits projetés derrière elle la transportent sous nos yeux dans un champ. C’est ça l’univers de Camille: de la (bonne) musique, de l’humour et de la poésie.

Petit bémol : deux chansons avant la fin du concert, Camille quitte la scène deux minutes et revient faire son rappel sans que le public ait eu le temps de la rappeler. A la fin du concert, le public de la Condition Publique s’enflamme de longues minutes mais sans succès. La belle ne reviendra pas pousser la chansonnette, au grand désespoir de ses fans du premier rang.


www.camille-lefil.com
carton.o-rg.org
www.laconditionpublique.com

auteur : Cécile Guéry-Riquier - cecile@foutraque.com
chronique publiée le 11/05/2005

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