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I Am Kloot

+ Indigo Jones
Nouveau Casino (Paris)
mercredi 11 mai 2005

On avait un peu perdu la trace des Mancuniens d'I Am Kloot depuis leur magnifique premier album Natural History (avec ses trois clochards sur la pochette), paru en 2001. Depuis deux autres beaux albums ont suivi, mais on n’y a pas vraiment prêté attention. L’occasion était donc belle de renouer contact. La soirée commence par la prestation d’Indigo Jones, un trio qui joue assis de l’alternative country qui passe le temps, avec un chanteur aux airs de Devendra Banhart, mais qui ne fera jamais la couverture de Télérama. La dernière chanson parle de whisky et suscite un léger intérêt auprès d’un public de trentenaires en majorité.

Puis débarque John Bramwell, chanteur guitariste et compositeur unique du groupe, suivi de ses acolytes Andy Hargreaves (batterie) et Peter Jacobson (basse, piano). Bramwell ne paie pas vraiment de mine mais il possède une voix à la beauté inépuisable. Une voix qui trahit les déceptions amoureuses, les cuites douloureuses et tout le spleen que dégagent les chansons du groupe. Une voix de crooner de bar que n’aurait pas renié Ian Dury. Entre certains morceaux, Bramwell se permet des apartés frappés d’un humour tout mancunien. Il dédicace une chanson à l’amour « a fucking desaster » une autre à l’alcool « a fucking desaster », on ne peut qu’acquiescer.
Surprise, le groupe se concentre surtout sur le premier album d’où il tire des perles comme To You et ce refrain définitif « I’m living my life in flash black since I lost my card for cashback » ou encore cette ballade désespérée qu’est Morning rain. On se dit que Bramwell doit composer ces hymnes à la mélancolie dans un caniveau sous la pluie battante du Nord de l’Angleterre pour qu’on en ressente autant les effets. Sur Because la salle retient son souffle, sa voix s’envole très haut et nous sommes tout proche de voir Saint-Pierre. Planqué à l’autre bout de la scène, on tente d’apercevoir Peter Jacobson qui concourt avec Alex James de Blur, au titre du bassiste qui allume le plus de clopes et bouge le moins possible pendant un concert.
A l’écoute des nouvelles chansons du dernier album, Gods and Monsters, on se regrette d’avoir laissé de côté I Am Kloot. Oui, il y avait des groupes plus jeunes et plus vendeurs à écouter, mais il fallait vraiment être cruel pour ignorer la beauté de ces chansons. Le groupe continue à creuser le même sillon mais continue à trouver des recoins inédits de mélodie et de tristesse. En guise de rappel, John revient seul sur scène et joue sa première chanson composée, Black and Blue, puis donne rendez-vous au public pour une prochaine date parisienne à l’automne. Une saison qui ne doit pas déplaire aux chansons d'I Am Kloot.


www.iamkloot.com
www.indigojones.co.uk
www.nouveaucasino.net

auteur : Alexandre Pedro - pedro.alexandre@wanadoo.fr
chronique publiée le 12/05/2005

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