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Doves

+ World Leader Pretend
Boule Noire (Paris)
lundi 18 avril 2005

Pour l’unique concert français des Doves, la Boule Noire affiche complet depuis plusieurs semaines. Les World Leader Pretend ont la tâche délicate de faire patienter un public où s’est glissée une importante colonie britonne. L’accusation ne manque pas d’argument pour renvoyer ce groupe écumer les bars de sa Nouvelle-Orléans. Nom présomptueux, chemise nappe de table du chanteur, déhanchement hilarant du bassiste et compositions qui s’éternisent : la partie n’est pas gagnée. Pourtant, World Lead Pretend a le mérite de proposer des morceaux ambitieux, qui rappellent ceux des Zutons. Un peu d’indulgence donc, la Nouvelle-Orléans avait déjà enfanté un génie incompris avec l’écrivain John Kennedy Tool.

Trêve de considération littéraire ; Jimi Goodwin, Jez et Andy, les jumeaux Williams, débarquent sur scène pour une prestation de haute volée. Habitées, sophistiquées, déchirantes et tout simplement belles, les chansons de Doves prennent sur scène un éclat encore plus lumineux. Comme pour les bouseux célestes de Grandaddy, il existe un gouffre entre les physiques anodins de ces Mancuniens et leurs mélodies raffinées. Tee-shirts noirs, chemises trop larges, coupes de cheveux hors mode : les Doves n’ont pas le physique de l’emploi. Pourtant en Angleterre, le groupe réussit l’exploit d’imposer des albums exigeants aux premières places des ventes.
Ce soir là, Doves déroule les titres de son dernier album Somes Cities. Des morceaux comme le single Black and white town ou Almost forgot Myself réussissent le tour de force de ne pas faire rimer hymne et grandiloquence. Non, la musique des Mancuniens reste toujours modeste et proche de nous. Toujours à la limite de la rupture, la voix de Jimi Godwin donne une émotion nouvelle à des titres comme New York ou Pounding. Aucune fausse ne fait dérailler cette parfaite mécanique. Le groupe pioche dans une discographie déjà conséquente dont le miraculeux premier album Lost souls. L’album de la renaissance pour ces trois garçons, rescapés d’un tube dance sous le nom de Sub Sub, qui rebranchèrent leur guitares à une époque où il était bien vu de les ranger au musée. Entre le déchirant Here it comes et le désespéré Sea Song, les Doves ont le bonté de glisser cette ballades nébuleuse proche de la perfection qu’est Cedar room.
Face à une telle richesse sonore, on regrette que ce groupe reste en France une affaire d’initiés et de lecteurs de Magic. En guise de sortie, retentit le très attendu There goes the fear, hymne pop à la beauté immaculée et son final aux percussions brésiliennes qui transporte de plaisir la salle entière. Confirmation, Manchester reste cette ville où des types parfaitement ordinaires sont capables de nous offrir les compositions les plus renversantes.


www.doves.net
wlp.newemit.com

auteur : Alexandre Pedro - pedro.alexandre@wanadoo.fr
chronique publiée le 14/05/2005

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