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The National

+ Flotation Toy Warning
Café de la Danse (Paris)
lundi 25 avril 2005

The National enfin de retour ! Avec cet excellentissime Alligator, le combo rock new yorkais revient plus désespéré et en forme que jamais. Ce qui n'est pas non plus une raison pour bouder notre plaisir de revoir les Flotation Toy Warning et leur lyrique pop évanescente pas entendue depuis Saint Malo !

Trois guitares, une batterie et des synthés : voici le léger attirail des Flotation Toy Warning, groupe dont on s'attend à ce qu'il occupe autant de place qu'il met de cœur à l'ouvrage musical. Les FTW balancent une courte musique foraine pour mieux nous surprendre par leur pop psyché anglaise d'époque, mais pas datée. Accompagnés de projections abstraites et figées, le chanteur aux éblouissants cheveux jaune vif se donne en spectacle plus que ses acolytes. Des voix préenregistrées se mêlent aux voix réelles nous installant (in)confortablement dans un troublant effet de dédoublement. Beaucoup de "Merci beaucoup" en français, de nombreuses vocalises aiguës, le concert décolle avec un son ample, à la fois lourd et léger. "C'est la première nuit de la tournée, pour nous, en France". Défi relevé haut la main, même si un peu assoupissant par moments.

The National : fièvre, urgence, noirceur des âmes tourmentées. Comme une vaste désolation sentimentale catastrophiste. Aussi et surtout, la classe rock incarnée par LE groupe rock. Padma Newsome, violoniste et plein d'autres choses, tête pensante ex aequo de Clogs, est définitivement intégré au groupe, pour un résultat qui dépasse souvent les sommets en live. Aaron Dessner, le bassiste, Scott Devendorf et Bryce Dessner, les deux guitaristes, semblent habités par leur instruments, guidés par des cordes démoniaques. La batterie métronomique et monomaniaque de Bryan Devendorf, pas loin de Windsor for the derby, c'est-à-dire de Can période Soundtracks, est glaçante et groovy en même temps. Mais The National ne serait rien sans Matt Berninger, qui chante droit comme un I, les yeux tournés vers Dieu, avant de prendre un bain de foule cathartique. De tout façon, il est "So sorry for everything". Quant à Mr November, définitif, c'est l'apocalypse pure sur place.

(Crédit photo : Cathimini)


www.americanmary.com
www.beggars.com
www.flotationtoywarning.co.uk

auteur : Stanislas de Guillebon - stan@foutraque.com
chronique publiée le 15/05/2005

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