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Les Georges Leningrad

Point Ephémère (Paris)
vendredi 3 juin 2005

Sur les traces de Black Eskimo, Les Georges Leningrad commandent deux hot dogs moutarde au Point Ephémère…

Les Georges Leningrad sur scène, c’est comment ? Et bien, comment dire, c’est à peine croyable… Dans l’atmosphère bétonnée et surchauffée du Point Ephémère, on remarque tout d’abord un guitariste, choriste, claviériste bordélique à souhait, torse nu, n’utilisant pas Slim fast à tous les repas (il a raison !) et coiffé d’un masque d’Elephant Man croisé avec une vache noire et blanche. Il y a également une (un ?) dangereuse maniaque hurlant des onomatopées incompréhensibles dans son micro distordu (elle est en pagne et soutien gorge, avec une perruque). Et enfin, ladies and gentlemen, un acrobate batteur (parfois il fait le poirier, ou vient rouler des mécaniques en front de scène) qui propulse l’électro rock dico punk trash de Les Georges Leningrad dans la stratosphère sonique, à la grande joie d’un public arty bobo homo.

Quand les trois lascars aux accoutrements plus qu’improbables unissent leurs efforts habilement désordonnés, cela produit un joyeux bordel, c’est moi qui vous le dis. Les morceaux sont confus comme c’est pas permis, sans queue ni tête, et c’est ça qui est bon ! La manière très violente qu’ont les furieux Canadiens de faire subir les derniers outrages au vieux rockabilly n’est pas sans rappeler d’autres malades mentaux, désormais mythiques : Alan Vega et Martin Rev de Suicide… Les riffs de basse/claviers et de guitare sacrément fausse et ultra lo fi sont soutenus par une batterie hystérique et des couinements de putois en chaleur essayant d’interpréter I wanna be your dog : ces trois Montréalais ont trouvé la formule pour marquer les esprits. Car, qu’on aime des choses aussi différentes que l’électro trash, le rock, le punk, le disco, le théâtre de rue, les performances déjantées, les cris insensés, on ne peut qu’acquiescer devant ce fourre-tout incroyablement idiot, suprêmement con, délicieusement remuant et irrémédiablement séduisant.

Il est vraiment appréciable de constater que ce show empreint d’une salvatrice « n’importe quoi attitude » (Lorie n’est pas fan) assure une promo totalement indiscutable pour les deux albums du groupe, Sur les traces de Black Eskimo et Deux hot dogs moutarde chou. Nul doute qu’une grande partie du public présent dans la salle a désormais très envie de posséder dans sa discothèque ces chefs d’œuvre underground aux titres méchamment débiles !


www.lesgeorgesleningrad.org
www.tomlab.com
www.pointephemere.org

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 04/06/2005

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