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Daniel Johnston

Café de la Danse (Paris)
dimanche 5 juin 2005

True love will find you in the end…

Dans un Café de la Danse presque complet, Daniel Johnston arrive avec son étui à guitare à la main, il sort sa petite guitare et met son cahier d’écolier avec les textes de ses chansons sur son pupitre, puis il commence à jouer… Il est habillé en survêtement et t-Shirt, il est assez gros, il n’est pas beau, il a les cheveux blancs, il joue assez mal de la guitare (en plus, il a oublié de l’accorder) et il ne chante pas toujours très juste. Mais l’essentiel, est ailleurs : il a un cœur gros comme ça et ses chansons psychiatriques traversées par des évocations d’amours adolescents, de montres méchants et de super héros gentils sont parmi les plus belles jamais écrites dans le style folk enfantin/pop mélancolique. Grâce aux petites histoires de Crazy loves ou de Friendly ghosts mises en musique par Daniel Johnston, on est heureux, on ri même parfois, puis l’instant d’après, on ressent une profonde tristesse. Cet homme d’âge mûr luttant contre la maladie mentale écrit avec une plume juvénile des mots très touchants, qui vont immanquablement en plein cœur des âmes sensibles.

Jolie surprise, Mr Johnston a l’air content de jouer pour son public ; il parle souvent entre les morceaux pour dire des choses aimables comme « Viva la France », « Merci pour la statue de la liberté ! », « Cette dernière chanson, pour vous souhaiter bonne chance... » ou tout simplement « Merci. ». A un admirateur lui disant de but en blanc qu’il l’aime, il répond « Moi aussi, je m’aime. ». Et il a bien raison. Entre deux morceaux très courts et souvent chaotiques dans leur exécution, celui dont le fan club est un véritable Who’s who du rock indé (Kurt Cobain, Thurston Moore, Beck, Eels, Mercury Rev, The Flaming Lips, Sparklehorse, Teenage Fan Club etc etc) se déplace calmement pour boire un peu de Coca dans un petit verre. Puis, il se remet à l’ouvrage pour délivrer des versions minimalistes de ses compositions magiques. S’ils tranchent de manière saisissante avec les canons de la justesse, sa voix et son jeu de guitare n’en demeurent pas moins extrêmement touchants.

Après une demi heure de spectacle, Daniel remet sa guitare dans son étui et se dirige vers le piano. La première chanson qu’il interprète avec cet instrument est hallucinante de beauté, on croirait entendre John Lennon jouant sur le fil du rasoir ses mélodies aussi malades que lumineuses. Après quelques titres excellentisimes, le génial grand enfant conclut son set avec une immense chanson, True love will find you in the end, aussi désespérée que remplie d’espoir. Le temps s’arrête pendant l’interprétation de ce hit beau à en pleurer, et prophétique souhaitons-le. On voudrait que ce moment dure des heures. Mais Daniel Johnston est déjà reparti vers d’autres aventures dans son monde peuplé de personnages qui n’appartiennent qu’à lui. Malgré la faible durée de sa prestation, on lui sera éternellement reconnaissant de s’être arrêté au Café de la Danse pour jouer quelques chansons…


www.hihowareyou.com
www.rejectedunknown.com
www.gammonrecords.com/artists/johnston/

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 07/06/2005

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