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Mylo

+ Superlux
Le Grand Mix (Tourcoing)
samedi 4 juin 2005

La venue de Mylo au Grand Mix, ça peut surprendre. Déjà parce qu’il y avait des salles plus grandes pour accueillir l’Ecossais dans l’agglomération lilloise. Ensuite, parce que voir des bannières Fun Radio dans une enceinte orientée rock indé, ce n'est pas fréquent. La vraie explication doit être que si Mylo tire dans la catégorie « gros tubes », il n’en déroute pas moins un public plus exigeant. Un public qu’il avait peut-être envie d’honorer avant d’aller faire la tournée des boîtes glauques du Nord-Pas-de-Calais.

Finalement, Le Grand Mix n’est pas complètement plein. Les fans de Fun Radio ont dû rester à la maison. Sur scène : un clavier tenu par Mylo en personne, une guitare, une basse et un batteur. D’apparence, un vrai groupe de rock. Le concert débute sur un Destroy Rock’n’Roll très cheap. Le son qui est balancé dans les enceintes est quasiment celui de l’album. Les musiciens qui jouent par dessus n’y ajoutent pas grand chose. Derrière, l’écran géant diffuse des images de stars du rock (en référence au name-dropping de la chanson) en version ringardes et pixellisées. On se croirait sur Google Images : cheap, très cheap.

Le show débute vraiment sur la troisième chanson, Otto’s Journey, où le groupe de Mylo daigne enfin revisiter le disque. Après un peu d’impro, les musiciens lâchent les rugissants de la version album et la salle se met à danser. Par la suite, Tourcoing aura le droit à une belle version de Valley of the dolls qui fait retomber la pression pour la mieux la faire rebondir sur un tapis moelleux à la Royksopp. Un peu plus tard, l’imparable In My Arms transformera enfin la salle en un véritable dancefloor. Mais c’est un peu tard, c’est déjà la fin. En rappel, l’inévitable Drop The Pressure conclura l’affaire de belle manière et dans une clameur ininterrompue.

Mylo, en définitive, est à part dans le paysage musical actuel. Souvent taxé du vocable « cheesy », il le porte à merveille. Ainsi, n’importe quel sample de son premier album donne n’impression d’avoir été entendu 1000 fois auparavant. Comme si la musique de l’Ecossais était déjà rentrée dans la mémoire collective, collante et addictive comme du bon fromage. Le décor déployé pendant le concert prouve une autre chose : Mylo est un ringard. On peut donc d’ores et déjà parier qu’il tombera vite dans le trou noir de la pop, avant de réapparaître quinze-vingt ans plus tard dans des soirées d’étudiants bourrés et nostalgiques.

En première partie, on avait eu le droit à une belle découverte avec les Belges de Superlux. C’est le grand show electroclash avec tout ce qu’il faut pour séduire. Déjà une chanteuse super mignonne qui danse comme si elle était seule. Ensuite, des rythmiques renversantes balancées par des DJ/musiciens aux tuniques ridicules (probablement piquées dans une usine Renault). Musicalement, c’est très dansant mais pas que. Par-delà la rythmique, on trouve des traces de new-wave et d’un certain onirisme mélodique. Un groupe à suivre.


www.mylo.tv
www.superlux.be
www.legrandmix.com

auteur : Vincent Glad - vincent[at]foutraque.com
chronique publiée le 07/06/2005

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