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Adam Green

+ Hal
+ The Gnomes
Le Trabendo (Paris)
mardi 7 juin 2005

Le troubadour new-yorkais et ses chansons salaces font escale à Paris, pour le plus grand bonheur de ses admiratrices. Sur son indispensable deuxième album Gemstones, le Robin des Bois déjanté des Moldy Peaches a laissé place à un crooner plus détaché, mais toujours prêt à abuser de la veuve et à dévergonder l’orphelin.

La soirée commence par la prestation de The Gnomes, groupe composé par les musiciens d’Adam Green. Trop habitués au deuxième rang, les Gnomes ne débordent pas d’une présence magnétique. Malgré cela, il se dégage de leur pop folk un charme bucolique qui fait passer le temps avec plaisir.

Puis vient le tour des Irlandais de Hal, sorte de frères siamois de leurs compatriotes The Thrills. Les deux groupes partagent la même fascination pour la pop West Coast et les harmonies vocales des Beach Boys. Il s’agit là-aussi d’une histoire de familles entre les frères Allen (basse, guitare et chant), leur cousin Stephen O'Brien au clavier et un ami de la famille à la batterie. A l’écoute de leurs chansons pop bien polies, on se dit que ces garçons devraient peut-être couper leur limonade avec une pointe de Guinness. Les frères Allen poussent des complaintes d’Enfants de Choeur, plutôt bien troussées, mais qui ne touchent pas toujours au but. Même si le single Play The Hit se sirote sans forcer.

Moins recommandable que nos Ingalls irlandais, Adam Green fait une entrée sous les cris de quelques groupies. Il aborde une magnifique veste rouge et son air suffisant qui fait déjà de lui une petite star. Toujours à la limite de l’auto-parodie, il se lance dans des chorégraphies approximatives et marmonne des remarques acides entre deux morceaux. Sur Bible Club, il prend des imprégnations d’un télé-évangéliste en transe, trop content de la réaction de ces pêcheurs de français. Son mauvais esprit fait plaisir à voir dans un pays où Benabar passe pour un chanteur libertaire parce qu’il chante que les filles sont maniaques.
Après avoir déroulé le contenu de son dernier album, Adam Green se retrouve seul à la guitare pour reprendre le sulfureux What a Waster, premier single des Libertines. Mais Adam c’est avant tout une certaine délicatesse dans sa façon de s’adresser à Eve. Emily, Carolina, ou l’unijambiste de Bluebird pourraient vous dire que ce n’est qu’un vilain misogyne. Mais avec sa gueule d’ange mal réveillé, il sait se faire pardonner. Il demande aux demoiselles dans la salle de choisir une chanson et propose à l’une d’entre elles de le rejoindre sur scène. Parfois il commence une chanson, puis s’arrête et en choisit une autre. Que voulez-vous, ce garçon ne respecte aucun dogme, même ceux qu’il a érigés avec l’anti-folk. Il ne se contente plus jouer du folk gentiment fauché mais propose de grandes chansons prêtes à pervertir la jeunesse. Celle-ci en redemande, lui accorde deux rappels, histoire de voir Adam glisser un dernier mot à notre cruche préférée, alias Jessica Simpson. La France est enfin prête à voter Vert.


www.adamgreen.net
www.halmusic.com
www.radical-production.fr

auteur : Alexandre Pedro - pedro.alexandre@wanadoo.fr
chronique publiée le 09/06/2005

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