16/07/2019  |  5211 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 15/07/2019 à 16:47:51
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U2

Stade de France (Saint-Denis)
samedi 9 juillet 2005

Qui est à la fois ami de Jacques Chirac, intime de Bill Gates, familier de Tony Blair, soutien de Salman Rushdie et admirateur de Jean-Paul II ?
Bono, évidemment.
Omniprésent dans les médias, depuis quelques semaines, à travers la promotion de la tournée mondiale de son groupe -plus de 3 millions de spectateurs en une centaine de dates-, l’organisation du Live 8 (dont l'effet sera finalement très en deçà des prévisions escomptées - un relatif flop en France, par exemple) et ses échanges avec les têtes dirigeantes des nations occidentales, le chanteur de U2 soigne son carnet d'adresses, entretient ses aspirations humanistes (voire utopistes) et flatte son égo de star planétaire.

Le Vertigo Tour 2005 assurait une halte au Stade de France (pour deux soirées).
78 000 personnes, au pouvoir d'achat confortable (le prix des places variait entre 46 et 110 € environ), s'étaient religieusement massées dans l'enceinte de ce temple de béton, pour voir (ou plutôt apercevoir), l'icône d'un monde meilleur et ses 3 très discrets comparses.
Snow Patrol, combo pop légèrement méconnu, faisait patienter les foules, fortement hétéroclites.
Du chef d'entreprise qui se "lâche complètement" en friday wear (type université d'été de parti politique), au convoi de quinquagénaires, sujets de sa Majesté, reconnaissables entre eux grâce à leur badge jaune (format 21 x 29,7), en passant par le fan ultime qui connaît tous les textes, hurle systématiquement à chaque intro musicale -parce que c'est son morceau préféré- et porte la panoplie U2 (30 € le t-shirt, par exemple), de la tête aux pieds.
Avec les Rolling Stones, U2 demeure, désormais, l'une des dernières formations rock qui fédère autant.
Tandis qu'une douce nuit de juillet s'installait sur le site, qui a vu la génération black-blanc-beur s'auto-congratuler à la fin du 20ème siècle dernier, les quatre Irlandais entraient en scène pour 2 h 20 de show exemplaire (sans libérer toutes les énergies), dont eux seuls détiennent les clés de la réussite d'une telle cérémonie.
Car c'est un Bono, peu communicant et guère démonstratif qui allait servir de guide suprême : on était très loin du charismatique performeur de l'époque ZooTV Tour (en 1993, où le cynisme de Paul Hewson, notamment vis-à-vis de George Bush Senior atteignait des sommets, depuis inégalés).
Entamant le set avec Vertigo, le seul single puissant issu du dernier album, How to dismantle an atomic bomb, U2 allait interpréter, on s'en doutait un peu, un véritable best-of, consacré à ses 25 années de carrière.
De l'hymne de stade évidemment : le tragique Sunday bloody sunday, le collégial Pride, le new-waveux New year's day, l'excitant Elevation, le mystique With or without you...
Mais aussi des titres plus avant-gardistes comme l'énorme The fly (issu du meilleur album du quartet Achtung baby), l'attachant Bullet the blue sky...

Bono s'adressera au public en Français (ou plutôt en phonétique) remerciant au passage le président Chirac d'avoir permis de récolter 25 milliards de dollars supplémentaires pour aider l'Afrique -à l'occasion du dernier G8- ou encore en évoquant les récents attentats de Londres.
Un immense mur d'images illustrera ses propos, avec pêle-mêle un extrait de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, un sigle Coexist (désignant les 3 religions les plus pratiquées en Europe), un portrait des présidents Américain (logiquement hué) et Français (également conspué)...
Concluant sur Vertigo, plus électrique que jamais, U2 saluait et remerciait ses dizaines de milliers de fans, qui assurèrent une ambiance bon-enfant, après avoir donné un spectacle tout simplement inoubliable (car rare, original et finalement touchant) !


www.u2.com
www.u2achtung.com
www.data.org

auteur : Samuel Charon -
chronique publiée le 10/07/2005

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