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Baby Shambles

Carling Academy (Bristol)
mercredi 5 octobre 2005

Une semaine en Angleterre pour le boulot. Par hasard, je serai à Bristol le jour où joue Baby Shambles. C’est l’occasion de juger de visu ce que vaut vraiment le combo de Pete Doherty, fils préféré des tabloïds et du NME. A en juger par le nombre d’ados lookés Doherty, il est très populaire dans les cours de lycée. Ça faisait d’ailleurs longtemps que je n’avais pas vu autant de jeunes arriver au concert, déposés par papa avec le break familial, d’où ils sortent sans un regard « parce que c’est quand même la honte devant les copains ».

Avant Baby Shambles, deux groupes, dont l’un, les Little’ans, particulièrement mauvais. Finalement le nouveau héros de la scène anglaise arrive avec ses trois comparses. Le set est entamé par les nouveaux morceaux du groupe (of course…l’album n’est pas encore sorti). Pete déambule avec sa nonchalance et ses clopes, serre les mains des premiers rangs, dépose au pied de la batterie (sur laquelle on peut lire Pipe Up alors qu’il s’agit du Pipe Down Tour) tous les objets qui atterrissent sur scène : chapeaux de paille, petits mots doux pliés en quatre, suffisamment de t-shirts et vestes pour habiller un minibus de Roumains, etc.

Bon, et la musique alors ? Les morceaux s’enchaînent, avec un son finalement pas si électrique que ça (bien moins que les Libertines par exemple), sur des rythmes ni lents ni rapides, mais souvent originaux malgré tout. L’image punk et destroy véhiculée par Doherty ne se retrouve pas vraiment dans leurs morceaux. Il ne pousse pas sa voix comme il l’a fait par le passé, donnant un peu l’impression de manquer d’enthousiasme à chanter ses compos. Les hits déjà parus en single, ou déjà disponibles sur le net, comme Killamangiro, Gang of Gin, Black Boy Lane, font bouger la fosse, mais ce n’est pas le chaos que la réputation des Baby Shambles laissait présager, ou tout simplement le chaos des premiers mois de cette année 2005. La prestation des Baby Shambles est bonne, mais on reste sur sa faim, à cause d’un manque d’envie latent. Les morceaux se suivent, ne se ressemblent pas, pourtant l’unité des membres du groupe en dehors de la scène ne se ressent pas vraiment dans leur musique. Le show se termine sur Fuck Forever, repris en chœur par un public enthousiaste. Après un petit break, Wolfman, l’ami « sulfureux » de Pete vient déclamer un de ses poèmes avant que les deux compères ne reprennent le morceau éponyme, le seul où Doherty jouera de la guitare, et le seul qui fera sonner les Baby Shambles comme un groupe puissant. 1h15 de concert tout compris, des musiciens appliqués, et le sentiment d’avoir entendu un groupe assez talentueux, mais finalement pas si rock’n roll que ça. La salle se vide dans le calme, dehors, les voitures familiales attendent déjà en double file…

A lire également : une chronique du concert chaotique des Baby Shambles au festival Rock en Seine 2005.


www.babyshambles.net
www.bristol-academy.co.uk

auteur : David Lesven - tybreizh@hotmail.com
chronique publiée le 12/10/2005

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