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Buck 65

+ Sarah Slean
+ Andrew Bird
Salle des Fêtes (Ramonville)
mardi 11 octobre 2005

Avant ce concert, je me demandais quel(s) point(s) commun(s) il pouvait bien y avoir entre Andrew Bird, Buck 65 et Sarah Slean... Quelle mouche avait donc piqué Bleu Citron, producteur de la soirée, pour nous concocter une affiche aussi foutraque, ressemblant plus à un festival (tant mieux !) qu’à un concert ? À l’issue des 3 performances, un mot me vint à l’esprit pour définir les 3 artistes : cabaret. On sent qu’ils ont dû écumer de nombreux petits bars afin d’apprendre leur métier et l’on ressent véritablement l’esprit du cabaret dans leurs shows.

Le premier à entrer sur scène est l’Américain Andrew Bird. Une révélation pour moi, car je n’avais pas écouté les 2 albums parus chez Fargo (Weather Systems et Andrew Bird & the mysterious Production of Eggs) . Le troubadour de Chicago livra une prestation impeccable. Premièrement, Bird porte bien son nom, car il siffle aussi bien que la pie jacasse ou Micheline Dax. Mais, au contraire de cette dernière, il a bien d’autres talents, comme, notamment, la maîtrise du violon qu’il a appris au conservatoire tout en s’affranchissant de ses cours pour sortir des sons distordus proches de la guitare qu’il sample à l’infini, en direct. Il est magnifiquement épaulé par le batteur Kevin O’Donnel, au style aérien et feutré (proche du jazz), qui se marie parfaitement avec son jeu de guitare au son clair, aux carillons du glockenspiel et à une voix cristalline qui s’approche parfois de celle de Jeff Buckley. Il y a aussi un côté lyrique à la Rufus Wainwright. Notre bonhomme fait en plus l’effort de parler français entre les morceaux. À la fin du concert, il s’installe au fond de la salle pour vendre lui-même ses albums. Sa tournée française se poursuit jusqu’au 20 octobre 2005. Je vous conseille d’aller le voir (toutes les dates de sa tournée ici).

Après cela, la performance de la compatriote de Buck 65, Sarah Slean, paraît un peu pâle. Malgré beaucoup d’énergie et de joie, malgré une adaptation musicale du poète philosophe TS Eliot, tout cela ne me touche pas, à part une chanson (la 3ème du set) où la voix de Sarah Slean atteint des sommets, créant une émotion certaine dans l’assemblée.

Enfin, c’est au tour de Buck 65 de clore la soirée, en nous proposant un spectacle burlesque mélangeant théâtre et musique. Le Canadien, habillé en Corto Maltese version hip-hop, arrive d’abord seul sur scène, lampe de marin à la main. Il est rejoint par sa fine équipe, Claire au chant et aux percussions (avec 2 galets), Sarah Slean au piano et « Monsieur Personne », comédien et jongleur infernal. Buck 65, qui a la voix de plus en plus proche de Tom Waits, semble plus fatigué que lors de sa dernière prestation toulousaine. Mais l’apport de sa fine équipe dynamise l’ensemble et fait oublier sa « petite » forme. La charmante Claire répond avec sa douce voix au flow âpre de Buck 65, et le plus souvent en français, avec notamment un hommage à Jacques Brel (Au Suivant). Cette opposition est un délice, tout comme les interventions du comédien. Au bout du compte, il ne faudrait pas oublier la musique de Buck 65, qui distille un hip-hop aux samples savants et cultivés et aux beats imparables.

Une soirée enthousiasmante.

(Photo Buck 65 : Vincent Ferran)


www.buck65.com
www.sarahslean.com
www.andrewbird.net

auteur : Nicovara -
chronique publiée le 13/10/2005

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