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Franz Ferdinand

Parc de Saint-Cloud (Paris)
vendredi 26 août 2005

Est-ce que tu veux ?

Avec le premier single extrait de son nouveau disque, You could have it so much better, Franz Ferdinand a réussi à mettre en chanson, - en tube devrais-je dire, tant le morceau Do you want to est irrésistiblement accrocheur -, la question existentielle qui turlupine le commun des mortels… Pourtant, depuis leur succès foudroyant (et mérité), les quatre membres de Franz Ferdinand n’ont sans doute plus à la poser, cette fameuse question : quiconque les a vus sur scène a ressenti une irrépressible envie de se jeter sur eux, avec l’espoir de faire du sexe débridé, voire plus si affinités. Et oui, la vie est mal faite : on ne prête qu’aux riches. Et cet adage n’est pas seulement valable dans tous les établissements de crédits de France et de Navarre, le cas Franz Ferdinand en est la preuve vivante… Jugez plutôt, ces jeunes Ecossais ont tout : ils sont beaux, intelligents, arty, drôles, bien habillés, ils savent bouger leur corps, ils ont du succès avec les filles (et les garçons donc), et, c’est accessoire, je sais, ils écrivent des tubes de post punk pop dansants avec une ahurissante facilité et une régularité qui les rend suspects pour certains snobs peine à jouir. Pour couronner le tout, ils délivrent des prestations scéniques d’une classe hallucinante, j’en veux pour preuve leur concert au Parc de Saint-Cloud, fin août 2005.

Alors, oui ou non ?

Après les passages d’Arcade Fire et des Pixies la veille, puis ceux des Baby Shambles et de toute une flopée de groupes dispensables (à part les impeccables folkeux d’Herman Düne) le vendredi 26 août, Franz Ferdinand avait pour tache de clôturer le festival Rock en Seine en présentant son nouvel album, encore à paraître à l’époque. Tout en assurant la promotion de ses morceaux flambant neufs, le combo tiré à quatre épingles avait, du même coup, la possibilité de récolter la monnaie promise à une tête d’affiche dans un grand festival… Quand je disais qu’on ne prête qu’aux riches, ce n’était pas qu’une formule à l’emporte pièce. Cela dit, cette montagne de pognon est méritée si l’on considère le nombre de titres réjouissants joués le sourire aux lèvres, sous de belles lumières et avec un décorum très réussi (les visuels très réussis de l’album et les photos des visages de nos quatre playboys). Du premier titre interprété, Michael, au dernier, This fire, en passant par les classiques du premier album - Take me out, Darts of pleasure, Jacqueline, Tell her tonight, Matinée, Auf Achse - et les futurs hits du nouveau né - Do you want to, You could have so much better, Evil and the heathen, I’m your villain -, difficile de s’ennuyer une seule seconde et de répondre par la négative aux invitations renouvelées à la danse rock.

Oui, oui, oui !

Sans surprise donc, Franz Ferdinand obtient un « oui » franc et massif au référendum populaire qu’il a initié : tout le monde saute en l’air, se trémousse avec joie, fait du rentre dedans à sa voisine (ou à son voisin). C’est éphémère, sans doute un peu con, mais on se sent heureux. Toutes les Star Academy du monde n’y feront rien, on a un sens inné du spectacle ou on ne l’a pas, ça ne s’apprend pas ; Franz Ferdinand, et particulièrement ses deux leaders frères jumeaux, Alex Kapranos et Nicholas McCarthy, ont ce petit truc en plus qui attire l’œil, et l’oreille… Alex chante comme un Dieu, joue de la guitare comme un démon, et n’oublie jamais de cabotiner, de parler en français et de faire des bons mots : il présente Take me out comme une chanson de Jacques Dutronc (normal, il est coiffé comme Françoise Hardy), avant d'introduire ses partenaires avec un humour pince sans rire très british… Pas en reste, son acolyte enchaîne, lui, les rythmiques frénétiques, les solos aigrelets, les parties de claviers 80’s et les chœurs superbes. Chose rare, les deux ont l’air de s’éclater et de s’amuser à la manière de gamins en culottes courtes. Comme la section rythmique est parfaitement en place (voire carrément imparable), le show 2005 de Franz Ferdinand ne peut que récolter une approbation franche et massive.

Plus c’est long, plus c’est bon ?

En une heure à peine - ce qui est trop court, mais on leur pardonnera car cette heure-là fut intense et marquante -, la signature la plus rentable du label Domino n’a eu aucun mal à démontrer que ses anciens morceaux sont toujours des bombes à rebondissements et que les nouveaux sont appelés à accompagner les soubresauts - à la verticale ou à l’horizontale - de toute la planète. Une heure, c’est la durée réglementaire dans un festival, cela permet de ne pas lasser et de délivrer un set percutant, quand on a les munitions pour, ce qui est le cas ici, avec deux albums gorgés de tubes portant la patte FF : compositions truffées de changements de rythmes se faisant fort de proposer deux morceaux en un. Sur la tournée normale, il serait toutefois de bon aloi d’insérer dans la set list les morceaux plus calmes - parfois presque folk - du nouvel album, comme les très réussis Eleanor put your boots on (entre Bob Dylan, Ray Davies et Paul McCartney), Walk away et Fade Together. Les jubilatoires envolées post punk marquées au fer rouge par les Talking Heads, Joy Division, les Dexy’s Midnight Runners, Gang of Four ou les Strokes n’en auraient que plus d’impact. Si, si, c’est possible !

Set List :
Michael
Tell Her Tonight
Jacqueline
What You Meant
Auf Achse
I'm Your Villain
Take Me Out
Do You Want To
The Dark Of The Matinée
Evil And A Heathen
40 Ft
Darts Of Pleasure

You Could Have It So Much Better
This Fire

A lire également sur Foutraque.com, les critiques du premier album de Franz Ferdinand et du deuxième, You could have it so much better, ainsi que les comptes rendus des concerts donnés par le groupe de Glasgow à La Cigale à Paris, au Printemps de Bourges, aux Eurockéennes de Belfort et à la Coopérative de Mai, à Clermont-Fd.


www.franzferdinand.co.uk
www.franzferdinand.org


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 16/10/2005

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