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The White Stripes

+ The Greenhornes
Zénith (Paris)
dimanche 16 octobre 2005

La nouvelle tournée fut annoncée à grands fracas jusque sur les murs du métro parisien : les White Stripes reviennent à Paris pour leur troisième passage en deux ans. Ce premier Zénith du 16 octobre fut rapidement complet, il leur faudra remettre le couvert le 17 ! Il faut dire qu’après avoir vu leur DVD live, on ne peut qu’avoir envie d’y aller ou d’ y retourner. Quant au dernier album, Get Behind me Satan, il avait de quoi attiser toutes les curiosités. Jack allait-il rester assis derrière un piano ? Et quelles sont ces rumeurs sur la venue éventuelle d’un troisième larron en la personne de Beck ?! La réponse allait être comme d’habitude, simple et élégante. Les Stripes continuent à fabriquer de la musique. De la bonne musique.

Je me suis stratégiquement placée derrière la batterie rouge et blanche. De l'autre côté de la scène, trois claviers : un petit piano droit, un orgue et posé sur le piano, une espèce de bidule aux allures de vieille machine à écrire. Décor de stars : grande toile de fond qui nous emmène dans un Eden rouge blanc et noir tropical, une grosse pomme dessinée au centre de la fresque. Des toiles noires à plantouilles blanches sur les côtés, de vraies plantouilles peintes en blanc sur scène. Même les roadies sont raccords : costards noirs chicos, cravates rouges et chapeaux melons. Nous voici dans un pays tricolore baigné de lumières rouges et blanches.

Début des hostilités à 20h. Adam et Eve arrivent sur scène acclamés par une foule déjà totalement électrisée. Meg porte un t-shirt blanc (débat de la soirée : porte-t-elle un soutif *ou pas*?) et un pantalon en cuir noir. Jack s'est fait plaisir, il nous arrive déguisé en Dracula. Chapeau haut-de-forme et cape, t-shirt et pantalon noirs. La mise en scène est aussi soignée et calculée que la musique se veut dépouillée de tout artifice.

Rassurons pour commencer ceux qui auraient craint un récital de piano ambiance saloon, Jack n'a pas oublié ses guitares, et encore moins comment on s'en sert. Rassurons aussi les aficionados de Meg : elle n'a toujours pas appris à jouer, elle cogne toujours comme une camionneuse, elle est toujours aussi laide et fatalement sexy à la fois.

Dead Leaves and the dirty ground ouvre le set dans une ambiance survoltée. Incroyables les émotions que soulèvent ces deux là. J'ai dans mon dos un fou qui n'en peut plus de hurler : "WHITE STRIPES ! JACK ! MEG ! JE SUIS VOTRE PLUS GRAND FAN JE VOUS AIME !!!" Si on m'avait dit que les Stripes avaient appris le français... A côté, des groupies de lycée qui se croient en boîte, et un vieux qui me propose un peu de whisky non pas dans un gobelet, mais bien un verre, en pleine fosse du Zénith. Tout-est-normal-tout-est-sous-contrôle. On se croirait à St Anne là-dedans *mais c'est pas grave* - c'est le second effet cool stripes ! J’ai également été sauvée des griffes (bien intentionnées, certes…) d’un jeune homme à rayures aux pupilles dilatées et d’humeur très bisounours.
Il faut dire que l’amour irradie de la scène, pas étonnant qu’il y ait des dommages collatéraux. Jack cajole violemment ses instruments, ou les torture avec tendresse, comme vous voulez. De son côté Meg cogne comme une brute, chute de reins en arrière et cheveux flottant sauvagement au vent. Jack n’hésite pas à nous demander de « l’aider », la débutante. Ca claque dans les mains à tout rompre, on ne va pas la laisser toute seule face à des rythmes si compliqués la pauvrette ! C’est comme ça qu’on les aime, les Stripes. Avec leurs failles et leur génie. Il se passe vraiment un truc entre ces deux là qui semblent reliés par des ondes, le plus naturellement du monde. Pour en revenir à la musique, comme d’habitude les morceaux s’enchaînent presque sans interruption, s’entrelacent entre blues crasseux et rock n’ roll du fond du garage. Grand moment de rock sur Ball and Biscuit. Chaudes vibrations lorsque Meg quitte son tabouret pour nous murmurer à l’oreille son Cold Cold Night. Beau retour au Delta sur un délectable Instinct Blues. Festif Hotel Yorba. Passant d’une guitare à l’autre, s’asseyant aux claviers pour Forever for Her et autres morceaux de Get Behind Me Satan, Jack va au charbon avec une gloutonnerie réjouissante à observer. Il sollicite cependant les chœurs du public pour le refrain de sa cultissime reprise de I just dont know what to do with myself. Kate, si tu nous regardes…

Pause un peu brutale dès 20h50. Déjà ?! Un roadie vient bidouiller les fûts, ça doit coincer. Après quelques minutes, la paire d’as revient souriante sur le très attendu The Hardest Button to button. Le guitar hero s’arme d’un ukulélé pour le charmant Little Ghost qui fait danser les minettes de la fosse, puis s’échappe derrière un mega xylophone tout blanc pour exécuter rapidement l’étonnant Nurse en dédicace à celle qu’il appelle tantôt « little sister » tantôt « big sister ». Classique final sur 7 Nation Army et un très amical De Ballit of De Boll Weevil sur lequel il nous convie au chant. On hésite pourtant à s’égosiller, car Jack joue aussi bien de ses cordes vocales que de la guitare, avec la même conviction et les mêmes prises de risques.

Finalement, une setlist assez "neuve", des morceaux des deux derniers albums en majorité, même si on aurait bien repris un peu de vieilleries. Le seul problème avec nos rayures de Detroit, c’est que lorsqu’ils viennent poliment saluer le public, sourire aux lèvres, on voudrait les retenir et leur dire que ce fut trop court.

Stars and Stripes forever !


www.whitestripes.com
www.greenhornes.com
www.radical-production.fr

auteur : Valérie Durand - val_durand75@hotmail.com
chronique publiée le 17/10/2005

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