18/07/2019  |  5211 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 16/07/2019 à 22:02:07
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The Suppositorz

Murphy's House (Clermont-Ferrand)
mardi 18 octobre 2005

Rock ‘n’ roll Motherfuckers (from hell)

« We’re the motherfuckin’ Su - ppo - si - torzzzzzz !!! » C’est par ce cri du cœur – et dans un déluge de décibels, bien évidemment – que débutent les concerts de The Suppositorz, un quatuor originaire de Moulins, Allier se faisant fort d’écumer tous les rades rock ‘roll que compte la région Auvergne, voire plus si affinités. Présentation des forces en présence : ce groupe au nom aussi improbable que marquant est composé de Steve Androgenius (reconnaissable à ses superbes aboiements iguanesques et à sa guitare joliment garage), Mado MachoMan (basse vrombissante, physique de déménageur) et Mr Sub Itoman (batterie minimaliste et primaire façon Scott « Rock Action » Asheton, chœurs hurlés) et Organ Orgasm Micho (orgue Farfisa nonchalamment martelé, tambourin frénétique, chœurs vociférés, cigarettes)… Ah, la belle bande de motherfuckers (from hell) que voilà !

Des concerts électrisants

Cela fait un moment déjà que les terribles Suppositorz nous électrisent littéralement avec leurs concerts méchamment approximatifs, incroyablement garage punk et furieusement Stoogiens. Comment en effet ne pas applaudir à deux mains quand on voit un groupe reprendre le meilleur du rock garage avec un esprit punk et une attitude suprêmement crétine, sans oublier des looks improbables (énormes lunettes de soleil 70’s, poignets de force, jeans, cuirs, etc), des facéties réjouissantes (et vas-y que je me roule dans la bière et le verre brisé, que je monte sur le flipper, que je grimpe sur les tables, que je baisse mon froc, que je tente - avec succès - un remake d'Angus Young jouant sur les épaules de Bon Scott) et une maîtrise toute relative de leur instruments ? C'est tout simplement impossible. Les virtuoses se branlant sur leurs manches, les bons musiciens jouant trop proprement sur leur matériel dernier cri nous fatiguent, mais les Suppositorz, eux, ont le mérite de faire le spectacle en envoyant le bois façon punk. Avec moult pains plus gros qu’eux et pauses fréquentes pour réparer le Farfisa ou accorder la basse, voire la guitare. C’est aussi pour ça qu’on les aime…

Reprises bien senties, compos percutantes

Ici ou là, entre des reprises bien senties des Stooges, des Ramones, des Trashmen ou des Datsuns, on avait remarqué quelques compositions percutantes donnant envie de boire des litres de bière, de baiser comme un psychopathe assoiffé de sexe adolescent et de se vautrer avec la plus grande complaisance dans la fange. C’est donc le plus logiquement du monde que les Suppositorz, contrairement à leurs « grands frères » des Plastic Gangsters qui butent sur la marche du disque et des compos, viennent de sortir un premier album. Il s'appelle In denim we trust et il ressemble fort à une déclaration de guerre nucléaire contre la musique défendue par Rock Sound, Rock One et Le Mouv (Saez, Indochine, Déportivo, Kyo, Mass Hysteria, Superbus, La Ruda ex Salska, Watcha et consorts). Dans le but de promouvoir ce bel objet sur scène, le combo énervé laisse désormais la part belle à ses propres titres en live, entre Looking for a kiss des New York Dolls, I wanna be your dog, Dirt, TV Eye des Stooges, Psycho des Sonics, Gloria de Them et Surfin’ bird des Trashmen... Et là où ils sont très fort ces Supporsitorz, c’est que leurs compos ne font pas tache au milieu de ces prestigieuses reprises. On a pu le constater une fois de plus au Murphy’s House, à Clermont-Ferrand, le 18 octobre 2005. Pour être clair, on prend les covers en plein gueule, avec le sourire au coin des lèvres, mais on ne les attend pas désespérément quand le groupe joue ses titres. Car Creeper twist, My former boyfriend was a girl, Let’s rock, One fun again et les cinq autres tubes underground qui garnissent In denim we trust sont sacrément percutants ; ils inoculent même à leur auditeur une irrépressible envie de se comporter comme un gamin turbulent. Cerise sur ce gâteau à base de guitare/basse/batterie/orgue, les quatre garagistes en chef fascinés par les Stooges ont prennent soin de varier les tempos et de proposer quelques mélodies réjouissantes.

Dans la catégorie « gros branleurs »

Comme les meilleurs groupes auvergnats (Las Vegas Dead Brides, Man Made Monster, La Position du Tireur Couché...), les Suppositorz font partie de l’enviée catégorie des gros branleurs, leur dernier concert le prouve une fois de plus : ils n’hésitent pas à saborder leurs prestations pour pouvoir boire des bières plus tôt. La section rythmique se retrouve donc à jouer Dirt toute seule, pendant que les deux autres voyous boivent des coups. Il faut un invité à la guitare pour rameuter la troupe sur les planches… Mais avant ce « lamentable » épisode, les amoureux de rock sous influence punk sixties avaient pu constater que la musique des Suppositorz devrait être administrée matin, midi et soir, à tout le monde, chaque jour que Dieu fait. Amen... Les futures soirées Garage Club (5 euros pour le meilleur du rock garage local, national ou international) amenées à devenir un rendez-vous incontournable de la Coopérative de Mai ne devraient pas se priver d’inviter les motherfuckin’ Su - ppo - si - torzzzzzz !!!

The Suppositorz seront en concert le 17 décembre 2005 au Chapi Chapo, à Moulins.

Sites Internet : thesuppositorz.chez.tiscali.fr (photos, mp3, bio), www.rockaucarre.com (pour acheter le disque).


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 21/10/2005

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