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Tom McRae

+ Buck 65
+ Sarah Slean
La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
jeudi 13 octobre 2005

Cela aurait pu être une soirée de rêve, mais ce fut seulement une bonne soirée… L’affiche proposant Sarah Slean, Buck 65 et Tom McRae sur la scène de la Coopérative de Mai était plus que prometteuse sur le papier, tant il était difficile d'oublier les enthousiasmantes précédentes prestations de Buck 65 et Tom McRae dans le même lieu.

Sarah Slean : une belle découverte !

Mais avant les retrouvailles avec Buck et Tom, le public de la grande salle de la Coopé a le bonheur de découvrir Sarah Slean, une jeune canadienne seule au piano. Dès le début de son show, et malgré la barrière de la langue, la belle tente de communiquer en français entre ses morceaux très réussis, pour établir le contact. En plus d’un songwriting assez classieux, on découvre donc une personnalité originale et drôle. Quasi immédiatement, on remarque également que les compositions et la (très jolie) voix de Miss Slean évoquent par bien des aspects la musique de Kate Bush et de sa disciple douée Tori Amos ; ses titres sont traversés par le même romantisme échevelé. La prestation trop courte de Sarah Slean donne envie d’écouter son disque... et de la revoir plus longuement très vite.

Buck 65 : toujours la grande classe…

L’occasion de recroiser sa route se présente plus tôt que prévu puisque Sarah Slean officie sur certains morceaux du nouveau spectacle de son compatriote, l’ultra doué Buck 65. Seul sur scène les dernières fois où on l'avait vu, notre homme se présente cette fois-ci accompagné - en plus de sa pianiste fétiche - par sa petite copine française, la troublante Claire aux chœurs (qui proposera également un duo extrêmement langoureux vers la fin du concert) et aux percussions (avec des galets), mais surtout par un acteur performer irrésistiblement drôle. Ce spectacle est véritablement remarquable par son côté protéiforme : on assiste à la fois à un concert de hip hop/country/chanson/pop, à une performance théâtrale digne d’un cabaret et à des numéros de cirque réjouissants. Les excellents morceaux de Buck 65, sa superbe voix rocailleuse et son impressionnant style de scratches sont en effet entrecoupés par de mini sketches ou autres interventions saugrenues et drolatiques de son acolyte acteur (dont le style évoque Buster Keaton). Devant un tel étalage d’humour absurde, Buck 65 se la joue moins Charlie Chaplin, il se met plus en retrait, en s’abritant derrière les facéties de son camarade de jeu. Cela lui permet de mieux se concentrer sur ses titres, mais le résultat est le même : il arrive à emmener son auditoire dans son univers fascinant. Tout cela se termine bien trop tôt malheureusement. Mais quand les lumières se rallument, on ne peut s’empêcher de se dire que cet artiste a décidément la grande classe.

Tom McRae : un peu de sobriété n’aurait pas été de trop.

Certes, il est très difficile de passer après la tornade Buck 65, mais Tom McRae avait des atouts pour rivaliser : il aurait pu s’en sortir de belle manière en jouant sobrement ses superbes morceaux entre pop et folk. Las, sans doute (mal) conseillé par les sbires de sa maison de disques, M. McRae a choisi de tirer sur la corde sensible en proposant un show appuyant (trop) sur tous les effets. A de trop rares exceptions près, les arrangements choisis pour cette tournée sont peu pertinents. La basse est inutile, la deuxième guitare électrique aussi, les claviers également, les effets sont trop ostentatoires sur le violoncelle… Pourquoi surcharger le son et lui donner des atours plus lourds et FM, alors que ces morceaux sont émouvants dans le plus total dénuement (les précédentes tournées l’ont prouvé) ? Peut-être pour vendre des disques… Sans doute pour faire forte impression sur les scènes des grandes salles ou des festivals. Sans trop vouloir noircir le tableau – Tom McRae reste un chanteur bouleversant et un bon songwriter, même si son dernier disque semble moins inspiré –, on remarque, en plus, que le comportement scénique de l’artiste rejaillit malheureusement sur le public ; à cause du volume sonore sensé le « couvrir », celui-ci se sent libre de se comporter en consommateur de musique (je parle fort, je marche sur les gobelets de bière jetés au sol, je tousse pendant 5 minutes sans sortir de la salle etc), gâchant ainsi les rares moments où Tom et ses acolytes jouent sobrement… Tout ceci est vraiment très très énervant ! On quitte les lieux en pensant aux concerts réussis de Tom McRae (il y a deux ans déjà) et aux très bonnes prestations de Sarah Slean et Buck 65, et en se disant que cela aurait pu être une soirée de rêve...

A lire également sur foutraque.com, une interview de Tom McRae et une chronique de son concert aux Eurockéennes de Belfort, en 2003.

(Photo Tom McRae : Pirlouiiiit)


www.tommcrae.com
www.buck65.com
www.sarahslean.com

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 24/10/2005

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