16/07/2019  |  5211 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 15/07/2019 à 16:47:51
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Oasis

+ The Coral
Zénith (Rouen)
dimanche 23 octobre 2005

« Rouen, THE place to be ? ». Demandez donc un peu, pour voir, à Supergrass (dont le dernier album, Road to Rouen, a été enregistré dans les environs), ou aux cohortes d’Anglais, venus en ce frisquet week-end automnal remplir le Zénith normand, pour l’une des deux seules dates françaises du périple européen 2005 d’Oasis, ce qu’ils en pensent !
Canettes vidées en nombre sur le parking, Union Jack, drapeaux anglais et irlandais majoritaires dans les travées, « lads » ventripotents parés de tee-shirts Oasis « vintage », cette date, à bien des égards, semble se dérouler en territoire britannique…

The invisible Invasion, titre du dernier album en date des Liverpuldiens The Coral, qui ouvrent la soirée, parait pour le coup un poil décalé ; plus encore quand des « Liverpool, Liverpool, Liverpool » résonnent à chaque fin de chanson du groupe, donnant des réminiscences bienvenues d’Anfield Road.
Le son, impeccable, rend grâce aux chansons merveilleusement troussées de ces admirateurs des sixties et early seventies ; les tubes, qui s’enchaînent (In The Morning, Goodbye, Don't Think You're The First, Pass it On, Dreaming of You…), sont une parfaite entrée en matière, pour une soirée déjà joliment amorcée par un DJ planqué dans les gradins, qui offre une enthousiasmante sélection de pépites oubliées (100% vinyle - craquements inclus, s’il vous plait !).
Les 40’ réglementaires du set des « Coraux », qui seront passées bien trop vite, auront eu le mérite, malgré tout, de donner envie à de nombreux spectateurs, certainement, de se plonger dans la discographie impeccable de ce groupe trop méconnu de ce côté-ci de la Manche.

Les lumières rallumées, les va et vient se font entre les différents bars et la fosse ; l’excitation monte petit à petit. Cependant, dans quel état va-t-on trouver un groupe, dont ne subsistent plus, de la formation originelle, que les frangins Gallagher ?
On commence à craindre une terrible mascarade quand les enceintes « crachent », en play-back malheureusement, le fameux instrumental F*ckin' in the Bushes, pour l’entrée du groupe.
Le 1er titre, Turn up the Sun, qui ouvre également Don’t believe the Truth, amorce la prestation de la formation, qui se présente à 6 sur scène. Soit les 5 membres « officiels » : Liam et Noel, donc, Gem Archer à la guitare, Andy Bell (ex-Ride) à la basse et Zak Starkey (le fils du batteur des Beatles, Ringo Starr) aux baguettes ; et, un musicien additionnel, Jay Darlington, aux claviers.
Liam porte de superbes lunettes fumées, qui masquent pour bonne partie son visage (que l’on ne verra entièrement qu’à de très rares reprises durant le show - quand il l'éponge) ; un blouson, noué autour de la taille, lui donne une dégaine totalement improbable, dans sa posture si caractéristique (le buste penché vers l'avant, les bras rejetés en arrière). Toujours aussi statique derrière son pied de micro, il ne s’autorise, durant le concert, que de très rares déplacements : vers la batterie, pour se désaltérer (est-ce un scoop ? Liam ne tourne plus – du moins sur scène -qu’à l’eau plate !), ou vers le public, de temps à autre, pour faire apprécier sa science du tambourin.
Ses saillies vocales entre les morceaux, quasi-incompréhensibles en raison de son terrible accent prolo (il n’aura fait un véritable effort de prononciation que durant un laïus invitant les spectateurs à passer par le stand merchandising !) rendent le personnage toujours aussi « attachant » ; avec son air de petite frappe des faubourgs, toujours à la limite de lever le poing sur quiconque commence à l’embrouiller (son frère Noel, est placé, fort heureusement, à distance respectable !).
Sa voix, impeccable, lui permet quand même de justifier sa présence sur scène ; même si, sur certains titres (The Importance Of Being Idle, Mucky Fingers, Don’t Look Back In Anger) , il doit, à sa plus grande colère sans doute, regagner les coulisses (on l’y voit trépigner d’impatience) pour laisser le chant à Noel, dans une forme éblouissante, vocalement comme musicalement. Ses solos, exécutés à la perfection, dans un son si caractéristique, confirment qu’il reste un très grand guitariste, bien épaulé, cependant, par Gem Archer.

Le répertoire, qui alterne logiquement titres du dernier album et titres plus anciens, fait la part belle aux deux premiers albums, période où Oasis faisait partie des formations les plus excitantes du courant britpop : Definitely maybe (1994) et (What's The Story) Morning Glory ? (1995). Et évite soigneusement de citer Heathen Chemistry (2002), Standing on the Shoulder of Giants (2000) et Be Here Now (1997), unanimement considérés comme les disques les plus faibles du groupe !
Quel bonheur en tout cas que de réentendre, dix ans plus tard, des « hymnes » comme Morning Glory, Cigarettes & Alcohol, Acquiesce ou Rock’n’Roll Star, magnifiquement reproduits dans une salle en communion, illuminée d’éclairages sobres mais toujours impeccables ! Sur Live Forever, Wonderwall ou Champagne Supernova, la fosse, pourtant très jeune (16-17 ans), s’égosille même en reprenant les paroles ; proprement bluffant !

Si l’on ne sait trop ce qui restera de l’image d’Oasis dans vingt ou trente ans, une chose est sûre : certaines de leurs chansons sont dès à présent entrées dans la mémoire collective. Comme, toutes proportions gardées, My Generation des Who, jouée en toute fin du concert dans une version furieusement électrique ; répétition de luxe, peut-être, pour Zak Starkey, attendu par Pete Townshend & Co sur l’enregistrement du prochain album (début 2006) et la tournée, qui, certainement, suivra.

Set-list :

Intro : F*ckin' in the Bushes
**
Turn up the Sun
Lyla
Bring it on down
Morning Glory
Cigarettes & Alcohol
The Importance of being idle
A Bell will ring
Acquiesce
Live Forever
Mucky Fingers
Wonderwall
Champagne Supernova
Rock 'n' Roll Star
**
Guess God Thinks I'm Abel
The Meaning of Soul
Don't Look Back in Anger
My Generation


www.oasisinet.com
www.thecoral.co.uk
www.zenith-de-rouen.com

auteur : Jérôme Crépieux - jerome_(at)_foutraque.com
chronique publiée le 24/10/2005

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