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The Magic Numbers

La Maroquinerie (Paris)
mardi 25 octobre 2005

Encensés par la critique britannique, bien accueillis par la presse française, les Magic Numbers avaient encore à démontrer au public francilien qu’ils valaient plus qu’une étiquette de faiseurs resservant une sauce déjà réchauffée avant eux par les Kings of Leon.

Les Magic Numbers sont britanniques mais leur cœur (leurs chœurs ?) est totalement tourné vers la période dorée américaine qui voyait, au cours de la charnière 60s-70s, se croiser sur les planches des festivals les ensembles pop harmoniques tels The Mamas and The Papas, les groupes à guitares blues et bayou option Creedence Clearwater Revival, les groupes de rythm & blues et chanteurs de soul qui commençaient à trouver un écho énorme chez les hippies Wasp de la côte Ouest. D’ailleurs, le gros du travail d’écriture semblant revenir à Romeo, leur guitariste, autour duquel, appliqué et généreux, le reste du groupe déroule gentiment une rythmique très R&B pour la basse, très Creedence pour la batterie, il n’est pas étonnant que ce soit sa six-cordes qui s’arroge les meilleurs moments sur scène. Il faut le dire, Romeo est un des meilleurs compositeurs / guitaristes dans son style actuellement sur la nouvelle scène britannique et le voir évoluer sur scène, le voir prendre un plaisir évident à dérouler des arpèges et des passages rythmiques inspirés, est un bonheur intégral pour le spectateur.

Cette impression de félicité, de joie d’être là et de pouvoir partager leur musique est très sensible aussi chez Michele, la bassiste, sœur de Romeo, qui sourit d’un air ébahi chaque fois que le public réagit positivement à un morceau ; elle lâche alors sa basse pour remercier l’audience. Elle s’occupe bien entendu des chœurs, mais même si sa voix est charmante et si les harmonies qu’elle tissera avec ses confrères sur scène furent des plus agréables, sa voix ne peut que palir en comparaison avec sa consoeur Angela, qui de l’autre côté de la scène, plus timide, souvent les mains dans les poches, l’air renfrogné de ceux trop fragiles qui se demandent à quelle sauce ils vont se faire manger, fera littéralement trembler nombre de paupières en chantant seule (I See You, You See Me) : une voix incroyable, pure, angélique, où la technique ne prend jamais le pas sur l’émotion. Assurément l'un des grands moments vocaux de cette année.

Bref, les Magic Numbers n’ont pas déçu, ils ont passé en revue la quasi-intégralité de leur album, ont effectué des détours par les B-sides de leurs singles (magnifiques en vinyl, dépêchez-vous des les acheter, il n’en reste plus beaucoup !) ou bien par le morceau qu’ils enregistrèrent l’hiver dernier pour le Push the Button des Chemical Brothers. Ombre au tableau ? Cette attitude typique de groupes anglo-saxons généreux, le désir de voir le public manifester leur plaisir, poussant Romeo à nous encourager à chanter les refrains avec eux, à taper dans les mains. Il semblait surpris de ne pas voir les gens danser plus (ah, le pauvre, personne ne l’avait briefé sur l’apparent snobisme du public francilient, « as opposed to the » exubérant public briton !)
Déçus de ne pas voir les gens danser, ils se lancèrent même dans la reprise la plus surprenante de l’année au cours de leur rappel, assurés qu’avec un titre pareil, les gens deviendraient fous… La reprise ? Crazy in Love de Beyonce, rien de moins ! Loin, très très loin d’être ridicule, mais, las, le dancefloor ne chauffera vraiment que pour le dernier morceau du set, une escapade très punchy en terrain western et country qui finira d’emballer la soirée.

Magic Numbers sur scène, c’est tout ça, de l’émotion avec les harmonies, du plaisir musicophile avec la guitare magnifique de Romeo, du plaisir des deux côtés de la scène !


www.themagicnumbers.net

auteur : Danger Mo - danger_mo@foutraque.com
chronique publiée le 15/12/2005

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