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Nils Petter Molvaer

+ Bumcello
Salle des Fêtes (Ramonville)
mercredi 14 décembre 2005

Il est des hasards qui veulent que, parfois, deux tournées indépendantes se rencontrent le même soir. C’était le cas ce mercredi là, à la Salle des Fêtes de Ramonville, qui accueillait le duo Bumcello et le trompettiste norvégien Nils Petter Molvaer. Dans ces cas-là, on ne peut pas parler de premières parties. Ce sont deux concerts distincts. Et c’est Bumcello qui ouvre le bal. Les deux fidèles compères de -M-, Cyril Atef et Vincent Ségal, servent un concert alliant moments intéressants à d'autres plus ennuyeux. La première partie de leur set est un long moment d’improvisation qui montre un Vincent Ségal multi-instrumentiste : guitare, basse, violoncelle électrique. Le regarder danser ou voir Cyril Atef traverser toute la salle avec des percussions orientales est assez agréable : la musique de Bumcello est aussi visuelle qu’auditive. Celle-ci, qui mélange rock, jazz et musique du monde atteint quelquefois des sommets proches de l’état de transe mais qui malheureusement retombe assez rapidement. Tout le monde n’a pas le talent d’improvisateur. Le public qui est essentiellement venu pour eux n’est apparemment pas du même avis. On a droit donc à un long rappel qui se concentre sur des titres de leur dernier album, Animal sophistiqué.

La salle est complètement noire. La trompette de Nils Petter Molvaer traverse l’obscurité. C’est parti pour 1h30 de bonheur, d’hypnose. Nils Petter Molvaer distille une musique qui sonne comme le Miles Davis des années 70, à travers le son de sa trompette, étendu et feutré, accompagné par un guitariste au son « Hendrixien », ou proche du John McLaughlin période Miles. Mais tous cela sonne moderne grâce à un apport électronique qui ne fait pas du tout rajout, mais au contraire fait partie intégrante de la musique : deux claviers, ordinateurs et une platine pour donner un son de house minimaliste à la Matthew Herbert ou Funkstörung. La fusion est originale et parfaite, accélère le rythme, donnant à la musique du Norvégien des envolées et de la chaleur sur des moments quasi élégiaques, ressemblant à la traversée en solitaire d’un immense fjord. La salle est maintenant clairsemée, mais le public qui est là est fidèle et ravi. Il aura droit à un rappel très intimiste, avec le morceau le plus jazz de la soirée, montrant toute la technique du trompettiste. Dehors, le froid est glacial, mais n’a aucun effet sur moi car je suis sur une étoile.

(Photo : Bjørn-Eivind Årtun)


www.nilspettermolvaer.com
www.bumcello.com

auteur : Nicovara -
chronique publiée le 19/12/2005

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