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The Rabeats (Tribute to The Beatles)

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
samedi 3 décembre 2005

FANS DE...

Quel intérêt de se déplacer dans une salle de concert pour aller voir un Tribute to The Beatles, c'est-à-dire un groupe qui rend hommage à John, Paul, George et Ringo ? Et bien tout simplement parce qu’on n’a jamais eu l’occasion de voir les Beatles sur scène, comme la majorité des 1000 personnes présentes en ce samedi soir à la Coopérative de Mai, et qu’à l’instar de ce public familial et pas exactement jeune, c’est un grand regret. Car les quatre de Liverpool, ce n’est un secret pour personne, ont sorti des disques dont on parlera encore jusqu’à la fin des temps… On se rend donc rue Serge Gainsbourg avec une pointe d’appréhension : les Rabeats (from Amiens, France… ) vont-ils nous faire passer un bon moment en rendant un hommage classieux au groupe dont ils sont archi fans ou vont-ils nous déprimer en massacrant les morceaux mythiques qui ont bercé leur jeunesse ?





On est en décembre 2005 à Clermont-Fd, pas au Shea Stadium de New York, en août 1965…

On remarque en arrivant dans la salle que le plus grand soin a été apporté au décor : la batterie est surélevée comme celle de Ringo Starr en son temps, de grandes tentures en lamé donnent une impression sixties très réussie, et enfin l’immense logo The Rabeats en met plein les yeux. C’est de bon augure… Puis, les quatre Rabeats arrivent sur scène sous les cris - un peu timides au début : on est en décembre 2005 à Clermont-Fd, pas au Shea Stadium de New York, en août 1965… - de l’assistance. Même si l’entrée est plutôt réussie et si les premiers morceaux mettent immédiatement dans l’ambiance, il y a des détails qui nous chagrinent un tantinet : le groupe porte des lunettes de soleil qui ne sont pas d’époque, le chanteur/guitariste/organiste joue à la fois le rôle de Lennon et celui de McCartney, la guitare de George n’est pas la même, le bassiste et le guitariste ressemblent plus à des videurs de boîte de nuit qu’à des stars du rock… Et puis, il y a cette question qui nous taraude : « Perruques or not perruques ? » Tout cela est quand même beaucoup moins sexy que l’arrivée triomphale de Franz Ferdinand sur la scène du chapiteau des Eurockéennes de Belfort, en juillet 2004 ! Ce jour-là, on avait en effet cru voir débouler les vrai Beatles sur les planches…

Les Rabeats sont un vrai groupe, qui se prend pour les Beatles certes, mais un vrai groupe quand même…

Malgré le manque de prestance des Rabeats, il faut avouer qu’on se laisse assez vite prendre au jeu : la voix est bien assurée et les reprises tiennent parfaitement la route. Logiquement, le public commence à y croire et devient de plus en plus chaud, même si on est assez loin de la Beatlemania. Il faut dire qu'en fans dignes de ce nom, les Rabeats ne ménagent pas leurs efforts pour faire comme si : les titres extraits de toute la carrière des Fab Four sont reproduits avec force détails sonores et les petits discours entre les titres sont en anglais. Si les enchaînements sont un peu risibles (« I need your help ! », juste avant le morceau du même nom, « Cos we’re day trippers… » avant… Day tripper), on sent que tout cela est bien huilé ; la tournée en première partie du regrettable spectacle Fan du non moins regrettable Pascal Obispo (auteur de Lucie et pas de Lucy in the sky with diamonds, il y a comme un gouffre entre les deux) semble avoir porté ses fruits : les Rabeats sont un vrai groupe, qui se prend pour les Beatles certes, mais un vrai groupe quand même… La machine à remonter le temps fonctionne parfaitement et l’on se délecte sans arrières pensées des versions de Hard days night, Twist and shout , She loves you, Revolution 1, Back in USSR, I am the walrus, I want you, Get back, entre autres titres entrés dans la mémoire collective, lors d’un show avec entracte (!) de presque deux heures… Le public a droit à son moment karaoké sur Hey Jude, Let It be et Michelle, verse sa petite larme sur Yesterday, joué en solo par le chanteur, et tout le monde semble passer un moment agréable.

Comme la parité est respectée entre les titres rock ‘n roll et les tubes consensuels, on repart content de sa soirée, non sans s’être réjoui de la version d’Helter Skelter jouée en dernier rappel. On ne sait toujours pas si les Rabeats portent des perruques ou pas mais on sait que leur show rend un bel hommage aux Beatles, et donne une furieuse envie de se replonger dans leur discographie sans tache.

Sites Internet : www.rabeats.com, www.thebeatles.com, www.lacoope.com.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 20/12/2005

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