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Inrocks Indie Club #4 : Brakes + Joseph d'Anvers + Yeti

La Maroquinerie (Paris)
jeudi 19 janvier 2006

Après quelques couacs douloureux (VHS or Beta, Apartment… ), le rendez-vous mensuel des Inrocks dédié aux formations émergentes tiendra-t-il enfin ses promesses ? Bon point de départ, aucun suceur de roues new-wave ou postpunk à l’affiche. L’espoir est permis.

Joseph d’Anvers ou le Dominique A de la ligne 2

La cuvée 2004 du concours CQFD n’en finit pas de nous réjouir. A côté du kitsch élégant de La Position du Tireur Couché et du rock sans tache de Stuck in Sound, Joseph d’Anvers éveillait la curiosité avec Pour un temps, une petite chose triste mais accueillante.
Venu défendre son premier album Les Choses en face, le jeune homme (dont le nom de scène s’inspire de la station de métro Anvers, point de passage obligé pour La Cigale ou l’Elysée Montmartre) chausse presque du Dominique A. Comme lui, il trempe sa plume sensible dans ses influences anglo-saxonnes. On pense à la première époque de Luke, avant sa disparition inexpliquée.
Si Joseph d’Anvers a choisi le français et la mélancolie, ce n’est pas pour prendre sa carte de membre auprès de cette douce imposture constituée par la Nouvelle Scène française. Encore un peu trop polies, ses chansons parviennent à capter chez le spectateur un début d’émotion. Peut-être parce qu’on y retrouve des amours en fin de course et le spleen du quotidien.

Yeti est sorti de sa montagne

L’émancipation a fait du bien à John Hassall, bassiste taciturne des Libertines. Témoin direct de l’odyssée rock la plus sulfureuse de ces dernières années, le garçon passait pour un gentil branleur embarqué malgré lui. Etouffé par des collègues de bureaux omnipotents, il se réservait pour surprendre son monde avec son groupe au drôle de nom.
Les brûlots punk et les blousons remisés, Hassall (pas encore chez lui au centre de la scène) et ses quatre nouveaux amis donnent dans la pop-song insulaire et ravivent le fantôme des La’s. Hassall sourie et parle un peu. Au début ça surprend. Il chante aussi et même bien. Une voix limpide et placée qui accompagne des ritournelles attachantes, entre du Coral sans stupéfiants et les guitares gitanes chères à Devendra Banhart. Sur Changin Shin, le Yeti se sent des envies de soleil et de folk. Le guilleret Never Lose Your Of Wender lui donnerait presque envie de se chercher des amis.
La page Libertines semble tournée et bien arrachée. Comme sous les purges staliniennes, les petits clones de Pete Doherty effaceront toute trace du traître à la cause de leurs posters. Les autres devraient se rappeler la jurisprudence Georges Harrisson. Derrière un inoffensif lieutenant, il se cache parfois un songwriter en puissance. Un premier album est espéré au printemps.

Brakes : l’union de Brighton fait la force

Les frères White, en congés d’ Electric Soft Parade et flanqués d’Emon Hamilton échappé des géniaux British Sea Power, viennent se rappeler à nos bons souvenirs. Deux groupes sous-estimés mettent leur talent en commun et accouchent d’un projet parallèle … sous-estimé. Epaulés par un voisin de plage à la basse, Brakes tire à vue sur les codes, les genres et les modes.
Le résultat : une collision frontale entre punk-hardcore (un clin d’œil aux potes de Eighties Matchbox B Line Disaster), power pop chancelante, country déglinguée et autres ingrédients trouvés en cuisine sur leur album Give Blood.
Le mot cohérence n’est pas défini dans leur dictionnaire. Le temps de chansons d’une à deux minutes, on saute des Pixies (Ring a Ding Ding) à la big-beat de All Night Disco Party et sa basse syncopée pour terminer par une reprise de Johnny Cash (+ 10 000 points) et une autre de The Jesus and Mary Chain (re 10 000 points) . Le public, pas habitué à tant d’irrévérence, se sent un peu perdu. Surtout, quand Brakes nous gratifie de morceaux en forme d’éjaculations précoces d’une dizaine de secondes.
Les frérots laissent le frêle et déplumé Emon s’époumoner au micro et mouiller son tee-shirt gris. Alex White ne se dépare pas de son air de gentil petit con et montre son dos au public une partie du concert. Celui-ci finit par se laisser convaincre par les vertus grisantes de ce joyeux bordel. Ces garçons rangent mal leurs disques. Tant mieux.

A lire également, le compte rendu du concert d'Apartment lors d'un précèdent Inrocks Indie Club.


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auteur : Alexandre Pedro - pedro.alexandre@wanadoo.fr
chronique publiée le 24/01/2006

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