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HushPuppies

+ Dorian Pimpernel
Trabendo (Paris)
jeudi 23 mars 2006

Nouveau passage des « psyché-mod & roll » HushPuppies dans la capitale, nouvelle étape dans une tournée intensive qui leur permet de porter la bonne parole gravée dans le vinyle de leur premier LP, The Trap, à travers une France encore incrédule : OUI, des français peuvent réussir à faire du rock’n’roll comme certains ex-fan des sixties grand-britons n’y arrivent plus vraiment ! Du rythme, de la puissance, de l’énergie à revendre et un sens assez aiguisé des petites mélodies qui font mouche…

La salle se met gentiment en jambes sur les morceaux de Dorian Pimpernel et sa troupe de joyeux lutins psychédéliques (vite une signature pour voir comment ils arriveront à assembler leurs morceaux alambiqués sur une longue durée !) qui, eux aussi, payent un tribut à une certaine scène anglo-saxonne, tout ce Psych-Out qui se conclut vers la fin des années soixantes en beauté sur une larme de mascara imbibée de LSD roulant sur la joue d’un Syd Barrett en nage au milieu du premier Floyd. Tant de fraîcheur et de comptines alambiquées font du bien en ce début de printemps un peu frisquet !

Il est temps pour les HushPuppies de relever les compteurs. Ils ne sont pas là pour faire de la figuration et tout le monde s’en donnera à cœur joie pour entraîner le public dans un stomping martial. Tout l’album déroulera, entrecoupé de morceaux plus rares (comme ce Pale Blue EyesLou Reed) qui n’a rien d’underground et qui fera se demander au chanteur si il n’y a pas dans la salle plus de gens qui s’approvisionnent en musique auprès de leur fournisseur d’accès que d’honnêtes citoyens qui payent leur tribut à leur LRS - Local Record Shop), d’une paire de morceaux en français (dont un particulièrement Katerin-esque dans le propos) et deux reprises fréquentes dans leur répertoire (un Kinks et un Grand Funk Railroad).

Les HushPuppies ont, malgré leur adulation d’une certaine scène mod britannique, une autre racine bien française : Nino Ferrer qui, en son temps, eut du mal à faire passer son amour pour une musique aux racines bien noire-américaines (amour généralement relégué en face B de ses morceaux les plus populaires) et avec qui ils partagent, aussi, un (bon) goût du dandysme qui parait malheureusement encore artificiel et surfait à beaucoup en France. Quoi qu’il en soit, l’aspect dandy du groupe n’a pas empêché de se réjouir de voir une belle flopée de « kids »Philippe Manœuvre) se démener et slammer à tout va pendant plus d’une heure de plaisir sonique et rythmique. Pas le concert du siècle, mais une bonne tranche de plaisir simple en veste cintrée. Un bon signe dans une France où tout semble se casser la gueule : la guitare a repris sa place subversive et festive…


www.hushpuppiestheband.com
www.myspace.com/hushpuppies
www.dorianpimpernel.com

auteur : Danger Mo - danger_mo@foutraque.com
chronique publiée le 24/03/2006

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