07/12/2019  |  5277 chroniques, 170 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 06/12/2019 à 11:40:08
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique concert
Dirty Pretty Things

Le Trabendo (Paris)
lundi 3 avril 2006

L’Eglise ne s’y trompe pas: le divorce est une abomination. Celui des Libertines - sans conciliation à l’amiable - a engendré trois formations à l’avenir incertain. John Hassall, le fils caché, s’émancipe avec son gentil Yeti. Pete Doherty pond des chansons au génie inégal quand son emploi du temps lui permet. Carl Barât a préféré conserver les clés de la maison de famille. Le bellâtre a fait appel à des habitués des lieux comme Anthony Rossomando (remplaçant de Doherty lors de la dernière tournée des Libertines), Didz Hammond (bassiste en permission de ces tâcherons de Cooper Temple Cause) et au fidèle batteur Gary Powell (sosie free lance de Claude Makélélé par ailleurs).
Problème : les fondations punks s’effritent et les fenêtres romantiques posées par Doherty sont murées.

Lors de son premier passage à Paris en octobre, Dirty Pretty Things amadouait son public avec sa dose de morceaux époque Libertines. Au Trabendo, finie la conduite accompagnée, les titres du futur album Waterloo to Anywhere se devaient de convaincre par eux-mêmes. Verdict : DPT donne dans le punk rock au kilomètre. Les titres s’enchaînent, l’enthousiasme de départ s’étiole. Les fans les plus fidèles (ou les moins clairvoyants) crient pour dix. Les dégaines de poseurs aristos observées dans la salle témoignent de l’empreinte laissée par Barât et ses ex-compagnons sur une génération.

La présence physique de Barât maintient l’illusion. Dans son cuir noir étriqué, il provoque comme Alain Delon à son top des orgasmes à distance. Alors quand il termine torse glabre en avant … Seul au centre de la scène, l’ancien lieutenant donne de sa personne, protégé d’un débordement affectif de la foule par trois molosses sur les crocs.

Moi, comme un vieux con de 24 ans, je n’attends que ma dose de nostalgie. Et quand elle arrive sous la forme d’un Death on The Stairs furieux, tout me saute à nouveau à la gueule. Les premiers articles de Jean-Vic Chapus dans Newcomer sur ce groupe d’anges déchus, Up The Bracket dans les caves toulousaines, Time For Hereos pour tromper l’anonymat de la fac, Boys in a Band pour oublier qu’il n’y a pas de fille. Tout d’un coup, j’ai la cinquantaine bien sonnée, je dois ressembler à Philippe Manœuvre attendant son No Fun, à Jean-Daniel Beauvallet espérant How Soon is Now. Je radote. Ma copine me rend le rock moins viscéral. Ma carrière m’inquiète. Pour l’éternité Carl Barât a 23 ans, et éructe I get along just singing my song : People tell me I’m wrong : Fuck’em.
Le temps d’un rappel, le temps d’un I Get Along, pour le meilleur et le pire rien n’a changé.

(Photo : Max Vadukul)


www.dirtyprettythingsband.com
www.myspace.com/dirtyprettythingsofficial
www.radical-production.fr

auteur : Alexandre Pedro - pedro.alexandre@wanadoo.fr
chronique publiée le 06/04/2006

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire