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The Dead 60's

Forum FNAC et Zénith d'Auvergne (Clermont-Ferrand)
samedi 25 mars 2006

La classe des Dead 60's éclate au grand jour.

Le passage éclair des quatre Anglais de The Dead 60’s en Auvergne laissera un excellent souvenir, teinté d’amertume malgré tout. Le premier disque éponyme du groupe de Liverpool et les singles percutants qui en sont régulièrement extraits laissaient pourtant espérer un samedi plutôt réussi en compagnie d’un groupe ayant beaucoup écouté le ska reggae punk rock des Clash et des Specials, le rock métissé des Talking Heads, le punk anguleux de Gang Of Four et les tubes ska de Madness. Curieux mélange en apparence, mais en fait chaque titre choisit une influence (souvent un peu trop voyante à notre avis) en fond musical ; et, après, le talent et la classe naturelle des Dead 60’s éclatent au grand jour... Le résultat ? Des titres qui donnent envie de bouger son corps toute la nuit. Imparable sur disque, il fallait vérifier l’effet Dead 60’s sur scène, et pour cela deux rendez-vous étaient fixés : un show case acoustique dans le forum d’un magasin de disques, et un concert en première partie des désormais pénibles Louise Attaque au Zénith d’Auvergne.




Un show case quasi parfait...

Dans l’après midi, le show case permet de se rendre compte de l’impact incroyable de chaque morceau interprété par The Dead 60's, mais également de la jeunesse des musiciens (on dirait des gamins à peine sortis de l’adolescence) et de leur professionnalisme à toutes épreuves. Grâce à un tour manager expérimenté et coiffé comme Mani (le fameux bassiste des Stones Roses puis de Primal Scream), les deux guitares sèches sont parfaitement accordées, le tambourin est en place et le mélodica est prêt… Quand les quatre Dead 60's arrivent devant un forum bondé comme jamais, il ne leur reste donc plus qu’à donner le meilleur d'eux-mêmes. Chose qu’ils font immédiatement : le son est parfait, chaque partie musicale est exécutée avec mæstria et la voix est tout simplement divine. On se croirait dans un rêve éveillé… Cela dit, les Dead 60’s se la jouent à l’anglaise : professionnels avant tout. Ils semblent un peu timides, mais ils sont surtout pressés d’en finir avec leurs obligations promotionnelles. En un peu plus de 25 minutes (sans rappel, malgré la forte demande), l’affaire est entendue : chacun a pu se rendre compte de l'aisance du groupe, mais pas de son charisme. Après ce moment néanmoins fort agréable, il fallait se rendre (avec joie) au Zénith d’Auvergne pour assister au show des invités de Louise Attaque sur une mini tournée des grands halls sans âme.



Une belle ouverture pour Louise Attaque, mais en partie massacrée par le son.

Après une courte - et fort sympathique - présentation par les quatre membres des superstars de la soirée (désireux de regonfler leurs portefeuilles, avec 5000 billets par soir, cela devrait suffire), le show des Dead 60’s peut commencer. C'est parti pour 45 minutes. Et là, c’est le drame auditif. L’ingénieur du son, qui, renseignements pris, assure le son du groupe pour la première fois, a concocté une balance aux petits oignons : basse infernalement forte et batterie réglée à un volume insupportable… C’est bien la peine de bénéficier du Zénith français le plus récent, avec une acoustique sensée être parfaite, pour arriver à un résultat pareil ! Car malgré quatre ou cinq changements de place dans une salle (dans la fosse, puis sur les gradins) qui attend de pied ferme ses héros français, seule une petite amélioration se fera sentir. On se rend néanmoins compte que le groupe est aussi à l’aise avec ses instruments branchés que débranchés et que les titres sont encore plus marquants ainsi. Mais chaque fois que le bassiste et le batteur effleurent leurs instruments, c’est une mini torture, à laquelle on finit pas s’habituer, par la force des choses. Les premiers rangs bougent un peu et manifestent leur enthousiasme (bel effort), mais le reste de la salle reste de marbre. Avec un son pareil, il ne fallait pas en attendre plus.



Au menu : disco punk, pop, rock, reggae, dub, ska, jam session.

En appréciant à leur juste valeur le début de set disco punk à la Franz Ferdinand, puis la série de tubes ska, reggæ, pop et rock du groupe, on se remarque une deuxième fois la puissance de nombre de titres du combo du nord de l’Angleterre : Loaded gun, A different age, We get low, Riot radio, You’re not the law et Ghosfaced killer, à la fin du set. Seul petit bémol, on aurait peut-être souhaité moins de jam sessions destinées à étirer les morceaux en version reggae dub… Mais à part ça, comment résister à la voix superbe de Matt McManamon et à son jeu de guitare sec et précis ? Comment ne pas craquer pour le guitariste/organiste, Ben Gordon, qui sonne lui aussi superbement ? Chacune de ses interventions à l’orgue électrique est un véritable ravissement : chapeau bas, monsieur… Malheureusement, les deux autres musiciens, Charlie Turner (basse) et Bryan Johnson (batterie) sont toujours mixés trop fort. Et l’on se dit que dans une plus petite salle, le club de la Coopérative de Mai par exemple, ce concert en partie massacré par la piètre qualité du son aurait pu passer de « correct » à « extraordinaire ». C’est bien dommage…

(Photos : Benoît Delplancke www.melodick.com)


www.thedead60s.com
www.myspace.com/thedead60s

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 11/04/2006

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