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The Concretes

Les Etoiles (Paris)
jeudi 20 avril 2006

Est-ce la faute d’une trop forte concurrence (Architecture in Helsinki à la Maroquinerie, Sonic Youth au Nouveau Casino et le festival Les Femmes s’en mêlent le même soir) ou d’un lieu inédit (Les Etoiles), toujours est-il que le concert des Suédois de The Concretes avait des allures de réunion de famille, à peine élargie à quelques correspondants français (une cinquantaine).

Renseignements pris, Les Etoiles serait un ancien cabaret situé dans le Xème . Sur place, on a plus l’impression de découvrir un cabaret roumain. Pas de dorure, aucun siège majestueux, juste des tables en bois recouvertes de papier crépon, le rideau rouge tire un peu la gueule, une boule à facettes oubliée témoigne d’une tentative de récupération disco. Dans ce cadre rococo mais chaleureux, les Concretes assistent gentiment à leur première partie (une pianiste berlinoise assez attachante) à une table voisine. Deux des garçons du groupe picorent des pop-corn mis à leur disposition, la chanteuse Victoria Bergsman se maquille dans les toilettes.
A l’image de leur musique, ils sont propres sur eux et avenants. Pas l’ombre d’une bière, le mot rock and roll s’est noyé avant d’arriver à leur Malmö natal. Le trop maigre public restera attablé. Le groupe le récompensera de sa venue par un concert délicieux, parfois gauche mais définitivement irrésistible. Un mot créé pour Victoria Bergsman dans sa petite robe noire très Nouvelle Vague. La scène semble la pétrifier, elle menace de se rompre en larmes à chaque respiration et fixe son public avec la même angoisse qu’un élève convoqué à un conseil de discipline. Sa voix suave, traînante, craint de déranger ; pourtant elle dégage une sensualité irradiante, pas sans rappeler Hope Sandoval.
Avec tous leurs instruments (piano, trompette, flûte traversière, saxophone, carillon …), les Suédois sonnent comme un orchestre de bal pop. Il y a une Meg White blond platine, une guitariste à la coupe garçonne, deux charmants jeunes hommes sortis d’une pub H&M à la basse et à la guitare et trois autres garçons plus discrets chargés des orchestrations.

Le groupe, venu présenter son nouvel album In Colour, n’oublie pas de piocher quelques vieux titres comme l’entraînant You Can’t Hurry Love ou le plus lascif Chico, en hommage au chat de Victoria, un sacré veinard celui-là. Leurs chansons doivent parler de bluettes amoureuses, un peu naïves. On dirait du Velvet joué pour des enfants, des Supremes scandinaves. Comme Belle and Sebastian, le groupe court après des mélodies désuètes, les rattrape presque toujours, comme sur le parfait Chosen One. Entre les morceaux, Victoria murmure des commentaires rigolos, se plaint de la lumière. Quelqu’un connaît la traduction de « Vous êtes craquante » en Suédois ?

A lire également, une chronique de l'album éponyme des Concretes paru en 2004, ainsi que le compte-rendu d'un concert donné en janvier 2005 au Nouveau Casino (Paris).


www.theconcretes.com
www.astralwerks.com/the_concretes/
www.myspace.com/theconcretes

auteur : Alexandre Pedro - pedro.alexandre@wanadoo.fr
chronique publiée le 22/04/2006

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