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Negriluz Trio

Le Mandala (Toulouse)
jeudi 27 novembre 2003

Bernardo Sandoval : guitare acoustique, chant
Jean-Paul Raffit : guitare électrique
Véronique Dubuisson : basse, chant

Bon, d’accord, je n’ai pu voir que la dernière heure, on ne fait pas toujours ce qu’on veut, mais quoi qu’il en soit, il y avait là un événement.

Ah ben si, tout de même, événement : Bernardo Sandoval, un des musiciens toulousains les plus attachants, originaux, et auréolé de gloire par-delà les mers et les sierras, est revenu pousser la chansonnette en se raclant le ventre avec deux copains-copines devant le comptoir du Mandala-de-chez-nous.

Alors même pour une heure, on fait le déplacement, l’occasion de revoir de près un tableau somme toute bien connu.
Au milieu, plus vertical qu’un point d’exclamation, il y a d’abord le grand Bernardo. Il susurre avec gourmandise de sa voix flûtée, et de toutes les notes vibrant dans sa guitare, il ne nous fait entendre que les plus parfaites, celles qu’il a le plus longtemps aimées et polies pour nous. On dirait un héron qui libère des colombes. Imaginez-vous maintenant à ses côtés muni d’une guitare électrique. Poussez un peu la saturation et faites une note, rien que pour voir. Ça ne manquera pas d’être le plus catastrophique des pains. C’est juste que vous ne vous appelez pas Jean-Paul Raffit et que vous ne jouez pas avec l’autre grand sec depuis les années où le chiffre des dizaines était un huit. Dans un registre de tous les périls, Jean-Paul Raffit flotte au-dessus des chausse-trapes comme un funambule croqueur d’espace. On a beau être habitué, ça fait toujours des frissons. Il galope de haut en bas des chansons comme un gosse turbulent, s’autorise tous les clichés pour mieux les dynamiter dans l’instant, met des couleurs partout et ne se trompe jamais. Bernardo, du coup, on dirait qu’il a encore grandi de quelques centimètres. Le tempo se densifie, ses mains volent sur le bois et son gosier vibre de plaisir en se rappelant des airs d’autrefois au bord du Guadalquivir ou du Rio de la Plata. Discrète mais indispensable, la voix de Véronique Dubuisson vient compléter le liant et la consistance de la pâte sonore, qui atteint ainsi discrètement un point d’incandescence maîtrisé et idéal. On regrettera juste, en revanche, son jeu de basse un peu trop sage qui semble peiner à suivre le mouvement quand les deux autres lascars décollent pour de bon, si bien qu’on dirait dans ces moments-là qu’elle les tire un peu par la manche pour les faire redescendre sur terre.

Je n’en dis pas plus, après tout ces chipotages n’engagent que moi et le mieux serait que vous alliez vous en rendre compte par vous-même, car, est-il besoin de le rappeler, c’est un événement. Ils sont encore là vendredi 28, samedi 29, puis du mercredi 3 au samedi 6 inclus (PAF : 7 euros).
Après c’est fini, et il ne faudra pas dire qu’on ne vous aura pas prévenus.


phvl.free.fr


auteur : PhV - phvl@free.fr
chronique publiée le 30/11/2003

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