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The Divine Comedy

+ Duke Special
La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
samedi 14 octobre 2006

Une soirée pop de rêve rue Serge Gainsbourg, aux pieds des volcans exactement…

Tout le monde arbore une mine réjouie en ce samedi ensoleillé d’octobre aux pieds des volcans d’Auvergne. Car de nombreuses personnes semblent avoir la prémonition que ce samedi 14 octobre 2006 fera date dans l’histoire de Clermont-Ferrand. Et cela pour deux raisons : c’est le jour fixé pour l’inauguration du tramway flambant neuf de la ville... et le soir-même le public clermontois a rendez-vous à la Coopérative de Mai avec le groupe du génial Neil Hannon, The Divine Comedy.

Shadow of a volcano

Tout semble se dérouler comme dans un rêve en cette journée qui s’annonce festive et classieuse… Les personnes arrivées à la Coopé à l’heure, c’est à dire pour le début de la première partie, ont en effet le privilège de découvrir le dernier coup de cœur de Neil Hannon, un groupe irlandais étrange ayant pris pour nom Duke Special.

Au premier abord, le look du chanteur/organiste est déroutant : il ressemble à un hurleur de néo métal gothique avec ses dreadlocks et son maquillage noir autour des yeux. Heu, Duke Special, c’est le nouveau projet solo de Jonathan Davis du groupe Korn ? Non, pas du tout, il s’agit plutôt d’un ovni musical ourdi par deux musiciens complètement partis dans les étoiles (filantes). Duke, le leader du groupe chante comme Freddy Mercury de Queen (en plus sobre quand même… ) et s’accompagne au piano ; les morceaux ressemblent souvent à une sorte de Bohemian Rapshody, sans breaks et sans guitares hard rock… Une autre grande différence est constituée par l’accompagnement, ultra minimaliste : un seul et unique musicien, un batteur/percussionniste aussi doué que surprenant. L’ingénieur du son aurait dû le mixer plus bas, mais ça sonne !

Les compositions sont un mélange savoureux de pop rafraîchissante et de rock épique ; et forcément, le public est immédiatement conquis par ce duo d’extra terrestres, qui évolue quelque part entre Queen, The Dresden Dolls (pour le configuration scénique et le son) et… Arcade Fire (pour le côté euphorisant). Au milieu de ce show étourdissant, il y a même un moment magique, le chanteur déclare qu’il a composé aujourd’hui même un morceau sur notre ville. Et contre toutes attentes, c’est un véritable tube… Une ballade émouvante décrivant une histoire d’amour, avec en toile de fond, nos montagnes. Le texte parle de « Shadow of a volcano », « mountains », « tatoo your heart », et c’est très beau, surtout si l’on a vécu ici depuis 35 ans et connu quelques histoires de cœur dans les environs… Il va sans dire que Duke Special quitte la scène sous des applaudissements très nourris…



Tonight we fly…

Un accueil chaleureux et enthousiaste qui sera également réservé tout au long de la prestation absolument impeccable de Neil Hannon et de ses musiciens… Pour son retour en Auvergne après un concert donné dans un amphi de l’école de commerce il y a plus de 10 ans, The Divine Comedy a enchanté son public composé d’à peu près mille personnes. Rappelons que la Marseillaise Anaïs avait, elle, rempli la grande salle à ras bord le mercredi (1500 personnes donc), cherchez l’erreur…



Toujours est-il que le public présent se souviendra longtemps de la prestation du lutin irlandais monté sur coussins d’air ; cet homme haut comme trois pommes est en effet apte à faire voler une assistance entière avec ses morceaux aériens, sa voix de crooner stratosphérique, ses textes raffinés et son humour léger… N’en jetez plus ! Neil Hannon a tout pour lui, et en plus, il sait s’accompagner d’une troupe de musiciens que se mettent au diapason du maître de cérémonie : une section de cordes magistrale (violon, violoncelle), un guitariste plein d’à propos, une section rythmique digne de louanges et des claviers classe (ou kitsch à une ou deux reprises). Avec une telle distribution, dès les premières notes de Mother Dear, le morceau inaugural extrait de l’excellent dernier album, Victory for the comic muse, on se retrouve illico presto au paradis de la pop, tout simplement. Comment pourrait-il en être autrement avec un set faisant la part belle au nouvel album sans oublier les tubes ayant jalonné la carrière sans tâche de Divine Comedy (Generation sex, Something for the week end, Daddy’s car, National express et le bien nommé Tonight we fly) ? Avec nonchalance - il fume tranquillement une petite clope et boit régulièrement des lampées de Guinness dans sa pinte… -, et humour (« c’est ma chanson de rock préférée… c’est moi qui l’ai écrite ! », un morceau/interlude joué à six mains sur un piano, un twist endiablé dansé à la fin etc etc.), Neil Hannon survole les débats, en donnant envie de se lancer dans des ébats : avec autant de morceaux langoureux ou élevés et cette belle voix grave, on a très envie de se mélanger avec la terre entière.

Rue Serge Gaisnbourg (l’adresse de la Coopérative de Mai), The divine Comedy a une fois de plus démontré qu’il évoluait quasiment au niveau de ses idoles : Gainsbourg (auquel il déclare avoir emprunté le rythme de Poupée de cire, poupée de son, pour nombre de ses tubes radiophoniques), Scott Walker, Kurt Weil, Burt Bacharach, David Bowie, R.EM., Magnetic Fields… Ce n’est vraiment pas un hasard si Charlotte Gainsbourg, Jane Birkin, Yann Tiersen, Vincent Delerm, le cinéma ou les séries TV ont fait appel à ses talents de compositeur ou de vocaliste au cours des dernières années, ce monsieur a la grande classe, comme on dit. Après un dernier titre extraordinaire et presque baroque intitulé Sunrise, la troupe de musiciens quitte la scène, laissant l’assistance atterrir en douceur avec un large sourire aux lèvres. Une vraie soirée de rêve donc…



A lire également, une interview de Neil Hannon et une chronique du dvd live de Divine Comedy.

Sites Internet : www.thedivinecomedy.com, www.myspace.com/thedivinecomedy, www.labels.tm.fr, www.dukespecial.com, www.myspace.com/dukespecial, www.lacoope.org.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 16/10/2006

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