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Marilyn Manson

+ Peaches
Palais Omnisports de Paris Bercy (Paris)
vendredi 28 novembre 2003

Chauffeuse de salle par excellence, Peaches est aussi et avant tout une sacrée show-girl.
Nul ne lui arrive à la cheville quand il s'agit de se donner à 100 % sur scène, quitte à prendre des coups.
Là est d'ailleurs le fonds de commerce de la rockeuse, qui sans réellement renouer avec l'esprit punk des seventies, sait foutre le boxon dans une assistance jamais conquise d'avance. Ne cherchez pas, vous ne trouverez meilleure "performeuse" qu'elle.
La "Pêche" s'installe d'entrée, ce vendredi 28 novembre, avec le rugissant I Don't Give a... et sa prose délicate (« Fuck ?! Shit ! Fuck ?! Shit ! »), avant de se lancer dans un florilège de beats électro racoleurs et de riffs de guitare heavy-metal, reprenant pour l'occasion les meilleurs titres de ses albums The Teaches Of Peaches et Fatherfucker.
I U She, Fuck The Pain Away, Shake Yer Dix, Rock'n'Roll, ou encore le duo virtuel (hilarant) avec Iggy Pop Kick It. Bref, du son crade et salace qui fait mouche, mais qui risque d'enfermer notre protagoniste dans une escalade d'artifices.
Le clou visuel de la soirée, avant l’arrivée de l'usurpateur Manson (en référence à Charles), fut sa descente dans la fosse, Peaches répondant coup pour coup, tête haute, aux crachats de dizaines d'ados déchaînés !
Calibrés, les concerts de Peaches forcent le respect, et démontrent que la berlinoise a plus de testostérone que certains mecs, Marilyn Manson le premier.

Qualifié de God of Fuck, autoproclamé Antichrist Superstar, Brian Warner est désigné par les trop nombreux bien-pensants américains comme un décadent, influence majeure de la jeunesse violente.
Le leader de Marilyn Manson est pourtant lucide sur la société de l'Oncle Sam (cf. Bowling for columbine), il est l'un des rares à s'exprimer avec un tel recul sur ses pairs.
Son dernier album, The Golden Age of Grotesque conte les frasques de l'Allemagne diétrichienne des années 30. Il ne restait plus que l'épreuve scénique...
Marilyn Manson sait intriguer, attirer, étonner et également décevoir !
Complet depuis plusieurs mois, le show s'est avéré trop bien huilé, trop américain dans sa démesure, son caractère prévisible et finalement sa monotonie (et d'une courte durée - une soixantaine de minutes).
La play-list, quasi-identique aux spectacles donnés par le groupe en Europe en juin dernier, s'apparente à un best-of sans prise de risques, ne proposant que les titres les plus évidents et les reprises (Tainted Love, Sweet Dreams) qui ont popularisé le combo auprès d'un -très- large public.
Hormis son charismatique leader, le reste du groupe est inexistant : des blondinets péroxydés (sans aucune personnalité) qui s'agitent, un peu, chacun dans leur coin et laissent Brian Warner décider d'absolument tout.
Le show de Marilyn Manson est une caricature de ce qu'à connu l'Europe à la fin des années 30.
Il dirige cette parodie à la perfection : pupitre géant d'où il profère des propos tel un prédicateur, gigantesque sigle avec les initiales du groupe, adoration du chef, 17 000 personnes qui exécutent immédiatement ce qu'il exige, phénomène d'identification (nombreux petits Manson dans l'enceinte de Bercy), désir de perfection, luxure (simulation de fellation)...
On espère néanmoins que l'ensemble des personnes qui vénèrent ces américains savent que tout ceci n'est que du second degré, destiné à faire prendre conscience des dérapages humains !!
Marilyn Manson ne fait plus peur, il est simplement devenu une sorte de Monsieur Loyal d'un cirque ambulant, un peu provocant.


www.marilynmanson.com/
www.peachesrocks.com/

auteur : Samuel Charon -
chronique publiée le 03/12/2003

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