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Herman Düne + Turner Cody + The Baby Skins + Leopold Skin

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
jeudi 2 novembre 2006

La venue d’Herman Düne et de ses nombreux invités à la Coopérative de Mai a permis de passer un moment hors du temps, une sorte de fête folk pop sixties. Une soirée un peu hippie, un peu hype, mais surtout une soirée centrée autour de la seule et unique chose qu devrait être au coeur des débats dans une salle de concert : de bons morceaux écrits avec une plume inspirée. Ça parait évident, mais il n’y a qu’à assister à un concert de Juliette & The Licks pour comprendre que ça ne l’est pas pour tout le monde…

Leopold Skin :

C’est Leopold Skin qui est chargé de l’entame de la soirée avec sa guitare, son harmonica, sa voix dylanienne et ses morceaux majoritairement captivants. En toute simplicité, sans chercher à épater la galerie et visiblement ravi d’assurer la première partie d’un de ses groupes favoris, le jeune clermontois a fait bonne impression auprès du public, assez nombreux, réuni dans la petite Coopé. Jolie surprise, sur le dernier morceau, le percussionniste/trompettiste d’Herman Düne, Doctor Shönberg himself, est venu lui donner un petit coup de main à la batterie, donnant une touche très Neil Young (on pense à Out on the Week-end, album Harvest, 1972) à un morceau déjà bien écrit…

The Baby Skins :

Juste après The Baby Skins, les deux choristes new yorkaises d’Herman Düne sur l’excellent album Giant, ont ravi les amateurs de belles mélodies et d’harmonies vocales sixties. Les deux jeunes femmes, timides et parfois pas très à l’aise avec leurs guitares, chantent tout simplement divinement : l’espace d’un instant, on pense aux Shangri La’s et aux Ronettes… Et l’on aimerait bien leur susurrer Be my baby à l’oreille. Les deux voix, aussi pures que du cristal - l’une des deux musiciennes, la plus craquante s’appelle d’ailleurs Crystal… - suspendent la course du temps. On est en 1960, en plein période flower power, il fait beau, et tout est cooooooooooooool.

Turner Cody :

Cool, Turner Cody l’est aussi, mais sur scène il le cache bien : pas un sourire, des « Thank you » lâché à contrecoeur, et un look de mormon coincé du cul. On a du mal à croire que ce gars-là a été le colocataire du très funky et drôle Adam Green… Ceci dit, quand il s’agit de chanter d’un belle voix grave et de jouer de la guitare, Tuner s’y entend ! Son set, enlevé et percutant, a permis de se rendre compte de l’étendue des capacités du monsieur, vraiment très doué dans le style folk rock dylanien. Sur la fin de son set, il est rejoint par David-Ivar Herman Düne à la basse, Néman Herman Düne à la batterie (approximative, le temps de se chauffer) et Doctor Shönberg, pour une série de titres réussis.

Herman Düne :

Puis comme avec Julie Doiron sur la tournée précédente, la première partie laisse la place à Herman Düne le plus naturellement du monde : Turner Cody passe à la basse, et le tour est joué. Enfin, le tour est joué après un très long réglage du son par un sonorisateur en difficulté. Après 5 minutes de larsens, le concert démarre, malheureusement avec un son trop agressif, en tout cas déplacé dans la contexte fok pop d’Herman Düne. C’est un peu dommage, mais l’ingé son voulait sans doute prouver que son t-shirt « The Stooges » n’était pas là pour rien. C’est malin… Les lumières ne sont pas non plus exceptionnelles, mais peu à peu Herman Düne nouvelle manière (sans André malheureusement) s’impose au public avec un concert entièrement centré autour des chansons de David Ivar. Qui sont excellentes, certes, mais les compositions, le chant, les chœurs et la guitare d’André manquent un peu (beaucoup ?) à ceux qui ont déjà vu Herman Düne sur scène. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, les Düne n’en restent pas moins un excellent groupe de scène, boosté par les percus et la trompette de Doctor Shönberg, la basse ultra sobre de Tuner Cody et les choeurs superbes des Baby Skins… Aucun doute là-dessus, David Ivar est toujours un chanteur habité sachant transmettre des émotions à chaque mot chanté, son jeu de guitare – entre Neil Young & Crazy Horse, Bob Dylan, Lou Reed et Keith Richards – faisant le reste. Le set, axé autour des morceaux signés David-Ivar sur Giant, s’autorise également quelques retours en arrière sur les très Velvet Underground et Sonic Youth Not on top et Walk, don’t run, extraits de l’album précédent. Quand le combo quitte la scène, on se dit que cela aurait pu être mieux (particulièrement au niveau du son et de la cohésion du groupe) mais qu’on a néanmoins assisté à un bon concert d’Herman Düne sans André.

A lire également : une interview de David-Ivar Herman Düne (réalisée pour Radio Campus Clermont - 93.3 FM ou www.clermont.radiocampus.org en novembre 2006), une interview d'Herman Düne & Julie Doiron, des chroniques des concerts à Clermont-Ferrand en 2005, aux Eurockéennes 2004, à l'EMB et au Nouveau Casino 2004, au festival MOFO 4, au Point Ephémère 2005 et au Printemps de Bourges 2005, ainsi que les critiques des disques Mas Cambios, Switzerland heritage, Not on top et Goodnight nobody.

Sites Internet : www.hermandune.com, www.source-etc.com.

Bientôt : des photos du concert.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 06/11/2006

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