10/12/2019  |  5278 chroniques, 170 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 09/12/2019 à 12:40:34
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique concert
Jean-Louis Murat

+ Jérôme Caillon
Des Lendemains Qui Chantent (Tulle)
samedi 4 novembre 2006

Jean-Louis Murat et Jérôme Caillon, en première partie, ont offert une belle soirée entre folk, pop et rock au public Des Lendemains Qui Chantent, une très belle salle de concerts sise à Tulle, Corrèze. On connaissait le lieu pour y avoir assisté à un concert d’anthologie des New Bomb Turks, un lendemain de fête de la musique en 2005, on l’a retrouvé intact : une salle idéale pour le rock, avec une bonne acoustique et un accueil chaleureux. Seul « petit » problème en ce frais samedi soir du mois de novembre : une assistance un peu clairsemée et pas très démonstrative au moment des applaudissements.



Jérôme Caillon : prometteuse renaissance en solo

Le public présent à néanmoins réservé un bon accueil à Jérôme Caillon, l’ex chanteur de Rogojine, qui évolue désormais en solo. Il faut dire que le projet du Riomois est très réussi : captivants morceaux folk rock (joués à la guitare, avec un pointe de distorsion), chant habité, en français. Avec Caillon, on n’est jamais loin des univers tumultueux de Neil Young & Crazy Horse et de JL Murat ; les titres sont tour à tour calmes et mélancoliques ou plus enlevés et rugueux. Caillon ne pleure pas sur son sort de chanteur en solo ; il fait même forte impression quand il habille ses morceaux avec son autosampler (solos ou arrangements à la guitare, percussions jouées avec la caisse de son instrument et très surprenantes parties de « violon » en jouant avec un archer). Une prometteuse renaissance en solo donc…



Jean-Louis Murat : malgré une ambiance trop tiède, on nage en plein bonheur, entre chanson folk bien écrite, rock enflammé et blues âpre.

Sur la tournée destinée promouvoir la sortie de son album Taormina, Jean-Louis Murat reste égal à lui-même, malgré des changements de personnel dans son groupe de scène (les excellents David Forgione, à la basse, et Michaël Garçon, à l’orgue électrique, venant ajouter discrétement leur talent à celui du fidèle batteur Stéphane Reynaud). On nage donc toujours en plein bonheur, entre chanson folk bien écrite, rock enflammé et blues âpre.

Placé dans des conditions idéales, Murat n’a sans doute jamais aussi bien chanté et joué de la guitare électrique. Il prend son pied sur scène et ça s’entend, même si ça ne se voit pas forcément quand le public est tiède comme en cette soirée à Tulle. Pour faire un excellent concert, comme pour bien faire l’amour, il faut être deux… Le son, l’interprétation des morceaux et les lumières sont de premier choix ; seule manque la reconnaissance du public à la fin des chansons. Et forcément, les commentaires acerbes de Murat sur le côté endormi de l’assistance, sur Tulle, la Corrèze (liquide ?), Patrick Sébastien, François Hollande et Ségolène Royal ne tardent pas à venir refroidir encore plus l’ambiance. Il n’en reste pas moins qu’on passe 1H45 fort agréable avec une set list axée sur le dernier album en date (Taormina, Caillou, Démariés, Est-ce bien l’amour ?, le Chemin des poneys, Au-dedans de moi). Les détours vers des chansons plus anciennes - comme Si je devais manquer de toi, L’amour qui passe, Parfum d’acacia au jardin, La fille du capitaine, La maladie d’amour, Foule romaine, L’au-delà ou encore Le cri du papillon - étant eux aussi de grande qualité, avec une superbe partie solo …

Si Murat et ses musiciens quittent la scène sans rappel (on aurait bien apprécié Les Jours du Jaguar et Accueille moi paysage en guise de cerises sur le gâteau), on gardera en mémoire un concert de bonne qualité illuminé par des musiciens talentueux : l’insurpassable batteur M. Reynaud, le bassiste très groovy, David Forgione, l’organiste sobrement classieux, Michaël Garçon et JLM, le chef d’orchestre en forme.



A consulter, une interview réalisée le jour du concert et initialement diffusée sur Radio Campus Clermont - 93.3 FM ou www.clermont.radiocampus.org.

A lire également : des entretiens avec Murat en octobre 2004 (sur A bird on a poire), octobre 2003 (sur Lilith) et juin 2003 (sur le concert pour Koloko), ainsi que les comptes-rendus des concerts à Clermont-Ferrand (Koloko juin 2006), Sédières, Clermont-Fd (pour Koloko 2005), Issoire en avril 2005, au Café de la Danse à Paris, à Aurillac

Sites Internet : www.myspace.com/jeromecaillon, www.jlmurat.com, www.leliendefait.com, www.v2.fr, www.taormina.fr, www.deslendemainsquichantent.org.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 08/11/2006

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire