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Soirée Prix Constantin

Olympia (Paris)
mercredi 15 novembre 2006

Tandis que les professionnels de la profession s'auto-congratulaient dans des recoins feutrés de l'Olympia - Bruno Coquatrix, les spectateurs-consommateurs-mélomanes-téléchargeurs savouraient le retour de Bernard Lavilliers, également président de l'édition 2006 du Prix Constantin... Le baroudeur stéphanois, le fûte en cuir bien moulant arboré fièrement à l'instar de ses confrères sexagénaires, est ravi d'être là. Il claque la bise à Rokia Traoré, enlace virilement Cali et assène un clin d'oeil intergénérationnel complice à Mickey 3D, au cours de duos, globalement atypiques. Après ce tour de chauffe d'une vingtaine de minutes, les 10 jeunes talents (la sélection est irreprochable) sélectionnés parmi 184 albums produits en France et publiés entre juillet 2005 et juin 2006, allaient défiler par tranche de 10 minutes, en profitant au passage pour interpréter leur titre-phare du moment, au cours d'un show animé par Mister Taratata himself.

Olivia Ruiz - La femme chocolat : Seule exemple vivant qu'il n'y a pas que des cruches qui sortent du château de la Star Ac', Olivia Ruiz interprète La femme chocolat, inspirée par l'univers caramélisé de Mathias Malzieu. Elle s'en tire à merveille, mêlant une grâce très ibérique avec une gestuelle un peu plus excentrique.
Grand Corps Malade - Midi 20 : Phénomène de l'année 2006, il conte une partie de sa vie comme ça ! Simplement, avec calme et classe ! Vêtu d'un pull informe et d'un jean classique, il répond aux questions de Nagui, naturellement, de sa voix de stentor et enchaîne sur un Ma tête, mon coeur et mes couilles, intemporel. Il repart ensuite, tranquillement, appuyé sur sa béquille.
Ayo - Down on my knees : Souriante, douce et agréable, cette jeune femme qui a grandi en Allemagne estime (elle s'exprimera en français) qu'"à Paris il y a moins de discrimination qu'en Allemagne et [...] beaucoup de métissage" évoquant ensuite certains effets du colonialisme.
Anis - Cergy : Anis chante sa "sweet banlieue pourrie", sur des airs de crooner. Il transpire beaucoup, visiblement ému, on ne saisit pas tout ce qu'il veut dire au cours de la mini-interview, à laquelle chaque participant à droit.
Emily Loizeau - Jalouse : Bavarde, elle raconte son parcours (un peu trop) dans les détails. Elle remercie Jean-Louis Foulquier, se souvient de la première partie de Patricia Kaas, se rappelle de Nils Tavernier qui lui a présenté Foulquier... Nagui, troublé, en inversera ses fiches et interpellera Emily sur l'intégrale de Michel Sardou (alors que cette question était destinée à Clarika).
Katerine - Borderline : Habillé en hockeyeur, Katerine et ses katerinettes mâles (fidèles à la pochette de son dernier album) en font un peu trop. Mais comme le remarque Didier Wampas, "Etre sur une scène n'est une situation habituelle", dont acte pour Philippe Katerine. Il est devenu un bon client pour les zappings TV et autres best of de fin d'année. Ses musiciens sont toutefois excellents et le titre jouée est plus électrique et excitant que la version studio.
Abd Al Malik - Les autres : Soutenu par Grand Corps Malade, l'ex-membre des New African Poets, a des allures de Jacques Brel. Son influence est notoire, tant dans les textes que dans la gestuelle. Sa dernière oeuvre, Gibraltar, est à écouter... religieusement.
Jehro - Everything : Espèce de Bob Marley marseillais, doté d'un choeur féminin comme le pape du reggae, Jehro est sympa et sa musique agréable.
Clarika - Ne me demande pas : Clarika n'a pas eu de chance, elle était là avant. Avant cette déferlante féminine, qui a de la gueule et qui dure (Camille, Anaïs, Olivia Ruiz, La Grande Sophie...). Malgré tout, elle est toujours inspirée.
Phoenix - Consolation prices : Le groupe ovni. Bobos pop, Phoenix casse la baraque sur disque, mais sur scène les frenchies s'avèrent un peu ennuyeux.

Bienveillant et considérant sa fonction d'un soir avec passion, Bernard Lavilliers prendra le soin de remercier tous les acteurs de la soirée (chanteurs, musiciens, techniciens, organisateurs...) avant de remettre le Prix Constantin à Abd Al Malik, incontestablement le meilleur ce soir-là.
Ce dernier reprendra Ces gens-là de Brel avant de réinterpréter, magistralement, Les autres.

NB : cette soirée sera diffusée le 25 novembre sur France Inter au cours d'une émission spéciale, le 26 novembre à minuit (!!!) sur France 2 et le 6 décembre à 20h40 sur France 4.


www.prixconstantin.com

auteur : Samuel Charon -
chronique publiée le 19/11/2006

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