23/05/2019  |  5195 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 23/05/2019 à 08:15:03
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Manifeste pour d’autres Avril

Le 57 (Toulouse)
2003

Comme c'est souvent le cas, la panique qui accompagne la fin du monde et celle des haricots cache bien souvent le renouveau d'un phœnix qui n'attendait que ça pour ramener sa fraise.

Ainsi en fût-il, il y a bien longtemps, de la "création musicale française" que l'on croyait perdue à jamais dans les limbes de la variétoche moustachue en veste à paillettes ou, au mieux, parmi les saints chanteurs exhumés à noël dans des coffrets bien marketés. Au moment même où soufflait ce vent glacé, vers la fin des années 80, c'est toute une myriade de jeunes oiseaux enragés et fous qui se sont lancés la fleur au fusil et le courage au ventre à la reconquête du pays. Dans le secteur de l'électronique grand public, certains ont même eu le culot de traverser les océans. Ensuite l'appel d'air fait le reste. D'abord ce sont les portes qui claquent -"french touch" s'est-on exclamé- ensuite la lame de fond poursuit son oeuvre...

Après l'hiver vient le printemps dit-on. Après le mois de février vient le mois d'avril. Bon il manque mars dans l'histoire. C'est peut être ce qu'il manquerait à Avril. Une attaque de Mars pour doper leur rêve de colonisation de la planète extase musicale. Histoire que le volcan ne s'éteigne jamais. Histoire de pas laisser les délicieuses araignées de Mars tisser leur toile sur les beats stroboscopiques, danceflooriques et supersoniques que sont capables de façonner ces F-comistes ludiques et cultivés. Comme au milieu du set de la salle « cinquante sept » mardi soir à Toulouse vers vingt deux heures cinquante sept, le quatre février. Quinze petites minutes de pure jouissance sonore. Un volcan qui projette alors très haut une matière en fusion issue des profondeurs de la musique sonique et rythmique et soutenue de main de fer par un batteur sachant batter. Sperme musical. Voilà pourquoi je pense qu’il fallait sortir de chez soi ce soir là. Pour quelques gouttes de plaisir. Servies en toute humilité (!) et avec le sourire en plus !

Après le calme vient la tempête. Après le trou noir, l'effusion de son. Et si c'était cela qui guettait aussi le Toulouse d'après l'explosion. L'émergence d'initiatives collectives ou individuelles qui se parent du bikini de la grande sœur pour partir à l'assaut du silence et de l'embourgeoisement casanier des oreilles locales. A l'avant garde, dans un nuage de poussière, on peut distinguer le travail de commandos comme Première Pression (à qui l’on doit notamment cette visite sympathique de Avril) et Eden Factory (avec Dj Spooky pour dernière offensive en date). Différence de style mais même combat. Ce combat sourd qui anime depuis 1983 le créateur du saint Bikini, l'éternel phœnix respecté de tous qui prépare le retour de son retour. Le combat qui fait que des jeunes gens comme Avril ont l’opportunité de faire voyager leur création, de lui donner vie en dehors d’un studio et en l’occurrence de partager un peu d’amour et de lutte avec les affamés de musique vivante qui s’agitent en périphérie des grands hubs culturels européens. Nous quoi.


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auteur : le M@sc - le.msc@libertysurf.fr
chronique publiée le 12/02/2003

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