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Jack Penate

La Flèche d'Or (Paris)
vendredi 12 janvier 2007

Pourquoi faudrait-il s’intéresser à Jack Penate ? Oui, pourquoi croire en un premier single en rotation sur MTV2 et déjà trahir sa bonne résolution numéro 19 : « Aux sirènes de la nouveauté d’Outre-Manche tu te méfieras plutôt deux fois qu’une ». D’accord, le dit single, Second Minute or Hour, frôle l’irrésistible. Il y a la gouaille des Dexys Midnight Runners, sans le faire vraiment exprès, servie par un jeune cockney romantique. Intro-refain-couplet tout se prend, et comme un pressentiment, on se dit qu’il y a peut-être une personnalité là-dessous. Une personnalité, c’est déjà un physique. Jack Penate a une bouille bien à lui, hors mode depuis l’arrêt de la série 21 Jump Street avec sa boucle d’oreille léguée par Elliott Smith, plus proche du docker que des minets modelés par Hedi Slimane.
Une fois sur scène, on remarque qu’il porte la même chemise à carreaux courte et trop boutonnée que sur son clip. Jack Penate ne connaît pas les codes de sa génération, on ne sait pas trop à quelle génération il se raccroche. Il joue toutes tripes devant. Penate, 23 ans, n’a pas marchandé son charisme sur eBay. Jouée en début de set, Second minute or Hour confirme ses prédispositions. She never wants me glisse-t-il le pauvre chou sur le refrain, un sourire en coin. Les réserves tombent avec. Le Londonien se déhanche guitare en main comme si les jambes de Little Richard lui avaient été greffées. A sa gauche, son bassiste présente une tension négative. Les chansons ont toutes un sacré caractère, parfois avec un arrière fond rockab, jamais bornées pour autant. Une demi-heure suffit pour trouver une délégation féminine prête à le rejoindre sur le dernier morceau. Pas mal de curieux semblent se rallier à son panache canaille, à ce chant épris de soul prêt à s’écorcher. Car le rock se vit ici au premier degré. Sans aucune science du code pré-digéré, avec l’unique envie de se consumer, de se partager à qui veut bien l’entendre.
Les poseurs peuvent poser, Jack Penate lui ne joue pas dans un groupe pour rendre sa vie intéressante. Il compose, joue, partage, s’épanche. C’est tout et déjà beaucoup.
Pour la petite histoire Second Minute or Hour a été tirée dans un premier temps à 1000 exemplaires pour le micro-label Young Turks. Des exemplaires promis à devenir des objets de collection, puisque chaque pochette est une photo Polaroid différente faîte par Jack Penate lui-même. Le single - classique - est disponible maintenant chez XL Recordings.


www.jackpenate.com
www.myspace.com/jackpenate

auteur : Alexandre Pedro - pedro.alexandre@wanadoo.fr
chronique publiée le 15/01/2007

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