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So Many Little Sexy Meringues + Nadj + Dy Dy Die

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
samedi 3 mars 2007

Soirée filles réussie à la Coopérative de Mai, avec des débutantes tout juste sorties du garage – So Many Little Sexy Meringues (retenez bien ce nom improbable !) – et le power trio Nadj, emmené par une chanteuse/guitariste ultra énervée. Tout cela rattrape le temps perdu la veille lors de la première soirée « Allez les filles » organisée à la Coopé avec Rose, de la variété sympathiquement anecdotique, Babet, une (petite) sortie de route en solo pour la craquante violoniste/chanteuse de Dionysos, et Adrienne Pauly, une bien pâle imitation de Catherine Ringer, par une ex actrice qui devrait logiquement remporter une victoire de la musique (on croit rêver !). Mais, trêve de digressions, revenons à nos « moutons »…

So Many Little Sexy Meringues : pas exactement parfait...

Pour le troisième (ou quatrième) concert de leur très courte carrière, les cinq jeunes femmes qui composent So Many Little Sexy Meringues ont fait bonne impression, malgré leur inexpérience. Voilà en effet un groupe composé de musiciennes très jeunes animées par une foi, une énergie et une volonté de faire ses preuves très rafraîchissantes. Leur truc aux So Many Little Sexy Meringues, c’est le rock garage et, fort logiquement, elles essaient d’en donner leur version, avec leurs moyens et leurs vécus. Après une intro surf instrumentale, et l’arrivée de la chanteuse (assez mal à l’aise sur le premier morceau), les choses se mettent « tranquillement » en place : les riffs de guitare façon Stooges, Cramps, Sonics ou Them se succèdent, l’orgue sonne comme il faut (c’est à dire très garage), le chant – alternant entre cris de furie hystérique peu soucieuse de justesse (à la Karen O des Yeah Yeah Yeahs, voire à la 54 Nude Honeys) et parties plus « normales » – fait un meilleur effet à chaque morceau, et tout cela est boosté par une batterie parfaitement basique et une basse minimaliste (et parfois très approximative). Les profs de musique, les musiciens requins de studio, les misogynes branleurs de manche et les fans de rock lisse du genre de celui défendu par RTLEurope2 s’arrachent les cheveux ; car tout cela n’est pas exactement parfait (hou la la, quel drame !). Mais dans les morceaux de ces débutantes ayant fait leurs premières armes avec les Suppositorz et les Las Vegas Dead Brides, il se passe quelque chose, il y a des idées, il y a une énergie, un frisson que doivent leur envier beaucoup de groupes jouant parfaitement, mais manquant cruellement d’inspiration. Les So Many Little Sexy Meringues, quant à elles, ont déjà composé au moins un titre qui a l’allure d’un tube de rock garage imparable, Jack ripper’s. A suivre donc.



Nadj : et une violente gifle sonique, une !

Juste après, on s’attend à voir débouler un énième groupe de rock commercial avec chanteuse pseudo engagée, exaspérée ou je ne sais quoi encore… L’écoute, distraite il est vrai, du disque ne nous avait pas laissé un souvenir impérissable. Et pourtant, dès l’arrivée des trois musiciens sur scène, c’est une violente gifle sonique que nous assène Nadj ! Nadj, c’est une hurleuse/guitariste fluette mais intenable, un bassiste/guitariste très virulent et un batteur cherchant à détruire ses fûts… C’est sec, lourd, hargneux, puissant et marquant. Les morceaux sont sobrement basiques et misent tout sur l’énergie brute, avec un chant en français très impressionnant. Bien sûr, cela n’égale en rien les mètres étalons du rock en français actuel, j’ai nommé les Naast ou les Plasticines (oui, je sais, il est bon de rire – même jaune –, parfois)... Mais n’en déplaise aux Mauvais garçons et autres Losers, le groupe Nadj fait son truc, s’éclate sur scène et agit comme un grand courant d’air frais sur les méninges. Pendant le passage de la bourrasque sonique déclenchée par ce groupe surpuissant, l’on ne pense plus à rien, si ce n’est à hurler son approbation à la fin de chaque titre. Comme les So Many Little Sexy Meringues, qui jouaient à domicile il est vrai, Nadj a fait un véritable carton, le public applaudissant très chaleureusement le groupe à la fin de son set orageux.

Dy Dy Die : sélection de titres rock du tonnerre de Dieu.

Le Maximum Kouette n’étant pas trop notre tasse de thé, on décide de quitter les lieux, vidé par tant d’énergie déployée sur scène. Signalons avant de conclure, la très bonne prestation de la DJ tatouée Dy Dy Die, qui a fait paraître très courts les changements de plateau (durant lesquels elle officiait), avec une sélection de titres rock du tonnerre de Dieu.

Sites Internet : www.myspace.com/somanylittlesexymeringues, www.myspace.com/nadjnadj, www.lacoope.org, www.myspace.com/lacooperativedemai.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 05/03/2007

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