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Le Tigre des Platanes & Eténèsh Wassié

Espace Croix-Baragnon (Toulouse)
jeudi 6 décembre 2007

En un mot comme en cent, de la musique (dé)concertante (les parenthèses simplement là en souvenir d’un chroniqueur émergeant d’un bon mois de son latino ingurgité sur le terrain, et donc un peu désarçonné sur la ligne de départ), très écrite sans que pour autant les musiciens oublient de l’habiter dans ses grandes largeurs, mais pleinement collective. Car enfin, ce n’est pas pour rien que le Tigre des Platanes s’appelle comme ça et pas « Marc Démereau Experience », « Art Ensemble of Piero Pepin », « Mathieu Sourisseau Bass Edition » ni « Fabien Duscombs Groove Gang ». Et pour ceux qui se demanderaient encore pourquoi, c’est limpide au bout de deux ou trois pièces de ce nouveau projet : le saxophone roule maintenant dans le peloton, préférant à ses belles et grandes échappées insensées d’autrefois le contrepoint appliqué (mais toujours dynamique), main dans la main avec la trompette. Pour comble, le mâle duo basse-batterie y gagne une exposition qu’il n’avait peut-être pas autant dans les projets précédents du groupe, et on en vient à penser qu’en somme ces quatre-là jouent enfin complètement comme ils cherchaient à le faire depuis toujours, mais comme ils n’avaient pas pu le faire, faute d’avoir déniché Eténèsh Wassié. Explication et retour en arrière : on savait depuis un certain soir au Mandala l’attachement du Tigre au style éthiopien de la fin de l’ère du Négus. On en avait écouté depuis quelques disques, mais forcé d’avouer qu’on avait eu du mal à les rapprocher des rugissements du groupe de l’époque (oui, je dis « on », ça pourrait aussi bien être « je », mais vous savez ce que c’est, on s’efface). C’est qu’il leur manquait la voix, élément-clé et définitoire du style. Avec Eténèsh Wassié, tout reprend sa place en même temps que s’ouvre la porte des rythmes et harmonies d’Abyssinie, sur les ailes d’un chant qui semble voler sur le jardin sonore que lui tend le quartet. On a embarqué vers un visage de la liberté.

Qu’on se le dise, la trace discographique de ce travail doit sortir en février. On rit un peu d’avance en se figurant le désarroi des marchands-classeurs : « musique éthiopienne ? À l’évidence. Oui mais le Tigre, c’est catalogué jazz. Les gens ne s’y retrouveront jamais…. » Tsss… Les hommes de peu de foi… La musique en tout cas y a déjà trouvé son compte.


freddymorezon.free.fr
www.myspace.com/tigredesplatanes

auteur : PhV - phvl@free.fr
chronique publiée le 16/01/2008

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