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French Cowboy

+ Al Foul and The Shakes
+ Mustang
La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
samedi 2 février 2008

Le garage club treizième du nom a tenu toutes ses promesses avec trois bons groupes de rock 'n roll dans le club de la Coopérative de Mai : Al Foul and The Shakes from Mammoth, Arizona, Mustang from Clermont-Ferrand, France et French Cowboy from Nantes, France... La seule chose qui manquait, c'est un peu plus de public pour soutenir les artistes, mais en cette semaine du festival international du court métrage de Clermont-Fd, la majorité des gens semblaient avoir fait le choix des salles obscures.

Al Foul and The Shakes :

Une belle erreur, soit dit en passant, que de faire l'impasse sur cette soirée rock, car voir débouler sur scène un sosie d'Elvis Presley à 20h40 en Auvergne est une expérience réellement troublante... Al Foul and The Shakes, qui se produit seul avec sa guitare et sa grosse caisse (qu'il actionne avec son pied), convoque tous les clichés du genre (banane gominée, tête de mauvais garçon, moues hautaines, hoquettements incontrôlés et morceaux au fort parfum de rock 'n roll fifties) pour créer un univers décalé, authentique et immédiatement séduisant. Et oui, Al Foul y croit à fond, il transpire la passion pour le rock des pionniers et sa foi en Saint Elvis éclate au grand jour à chaque morceau. Des les premières secondes de chaque titre, des tremblements apparaissent dans le genou, c'est bon signe ! Découvert par French Cowboy à Tucson Arizona, Al Foul mérite assurément le coup d'oeil sur scène !

Mustang :

Un autre groupe qui mérite le coup d'oeil sur les planches, c'est Mustang, un tout jeune combo - présent sur la compile L'auvergne revisite The Velvet Underground and Nico - qui écume sans relache les bars de Clermont et ses environs depuis quelques mois. Fasciné par Elvis Presley, les Shadows, Roy Orbison, Link Wray et Serge Gainsbourg, le trio Mustang a un culot incroyable : il faut quand même oser composer des titres de rock fifties chantés en français façon Elvis en 2008. Et oui, en s'attaquant à ce genre de titre, on peut très vite tomber dans le ridicule façon Johnny Hallyday, Jesse Garon ou Les Forbans... Mais l'audace de Mustang et de son ténébreux chanteur quasi sosie du King (décidément, c'est la soirée... ) est finalement payante : malgré des textes assez naïfs et fleur bleue, les premières compositions du groupe - En Arrière, en avant, Je m'emmerde - convainquent grâce à la candeur et à l'énergie rock 'n roll qui s'en dégagent... Sur ces morceaux comme sur les reprises (Blue Bayou de Roy Orbison , I´m Gonna Sit Right Down And Cry (Over You) d'Elvis Presley ou encore Rumble de Link Wray), le chant est saisissant, le jeu de guitare est électrisant (façon Carl Perkins ou Link Wray) et la section rythmique (basse, batterie) claque, malgré un son qu'on qualifiera de dramatiquement baloche/variétoche ce soir à la Coopé... En travaillant sur ce point là, et en en se présentant avec de tenues de scène raccord avec celle – joliment vintage - du chanteur, Mustang peut aller très très loin !

French Cowboy :

Pour terminer la soirée, French Cowboy a fait étalage de sa classe coutumière en présentant son premier album Baby Face Nelson Was A French Cowboy, entre country/folk, pop et rock. Emmené par Federico Pellegrini, les impéccables ex Little Rabbits ressassent admirablement leurs obsessions américaines ; dès les premiers morceaux, l'on se croirait à Tucson en Arizona. Chantées en anglais, les compositions allanguies de Federico sonnent comme un mélange entre Giant Sand, Calexico, The Velvet Underground et Serge Gainsbourg ; l'univers ainsi créé fonctionne pleinement sur les fans du genre, les autres quittent la salle ou discutent en regrettant les Little Rabbits. Dommage de passer ainsi à côté d'un belle série de chansons très bien écrites et truffées de mélodies accrocheuses... Car en plus de proposer ses titres country folk pop, pour éviter l'éventuelle monotonie, French Cowboy se la joue rock 'n roll de temps en temps en poussant ses amplis à fond, tente une jolie reprise d'Amy Winehouse (avec descente dans le public du chanteur et danse langoureuse avec une spectatrice, sous le charme) avant de conclure ce bon concert par une très belle et inattendue reprise de Depeche Mode, Little Fifteen... Bonne route à French Cowboy et à très bientôt !

Sites Internet : www.myspace.com/alfoulandtheshakes, www.myspace.com/mustang63100, www.myspace.com/thefrenchcowboy, www.havalinarecords.net, www.lacoope.org.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 03/02/2008

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