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Andre Williams

+ The Flash Express
La Maroquinerie (Paris)
mercredi 27 février 2008

Voilà : on aime des groupes aussi divers que Joy Division, My Bloody Valentine, The Fall, Gun Club, Radiohead (pour ne citer que quelques exemples) dans leur façon originale de concevoir, de re-créer/malaxer et digérer le rock. Parfois, un petit retour aux "sources du rock" ça fait bigrement du bien. C’est le cas d’André Williams, un vétéran du rock "de base" celui qui vient du blues, mais qui aime aussi prendre un bain "sale" de soul ! Pas étonnant que les Cramps et Jon Spencer en soient fous, tant sa musique est puissante. Sans fioriture, mais avec un max de sueur et de sexe (ses paroles sont très gratinées côté cul), André Williams (malgré ses 72 ans au compteur) envoie la purée comme un bambin. Sa voix de velours matinée à l’alcool est magnifique. Entre le phrasé de William S. Burrough, la classe d’Isaac Hayes, et la rage d'Iggy Pop, la voix d’André Williams fait beaucoup tourner et vibrer la tête.

Tout de rouge vêtu, la démarche un peu hésitante, le sourire aux lèvres, on aimerait l’avoir comme grand-père, tant son attitude "à la cool" est exemplaire. Il serait aussi à coup sûr super pote avec Gainsbarre, s'il était encore parmi nous. Accompagné par les excellents musiciens du Flash Express (après avoir fait une première partie sans faute, bigrement pub/rock'n'roll, avec en surprise la reprise Dance d' ESG), André Williams en pur showman, émerveille dans une salle gonflée à bloc par son public (très masculin donc regrettable pour cet amoureux des femmes de 20 à 78 ans). Il dégage tellement d'humanité et de gentillesse, qu'on est sommé d'être conquis. Avec une puissance vocale très roots où on sent l'odeur de la boue, de l'huile de garage (normal), des bars malfamés, des bars à putes, notre Black Godfather (titre d'un album de 2005) porte bien son nom, c'est le pur parrain de la scène. Il est le BOSS !

Et pourtant il vient de loin. Après la gloire dans les sixties, (il compose pour Marvin Gaye, Ike Turner, Stevie Wonder...), il sombre dans tous les excès. Il illustre à merveille le style de vie sex, drug and rock'n'roll et finira même dans la rue non loin du caniveau. Mais comme par magie (il y a un dieu pour les papys rockeurs !), il ressurgira au milieux des années 90, plus en forme que jamais. Et depuis rien ne l'arrête. Mères : attention à vos filles, si André Williams passe non loin de chez vous, ne les laissez pas sortir, car notre homme est vicieux et aime beaucoup fricoter avec elles. Mais revenons à notre live, qui s'achève avec le public en transe (les garçons transpirent des bras et les filles mouillent leur culotte !). Les premiers rangs sont invités par André à venir le rejoindre sur la scène, et c'est la folie. Tout le monde veut chanter avec lui. Bref le concert fini en méga-boum. André retourne backstage, en espérant pour lui, qu'il a attrapé au passage une petite parisienne ! Car depuis le succès du film La Môme, ici en France : c'est la vie en rose !

NB - André Williams sera au festival I.D.E.A.L à Nantes le 5 avril prochain (avec Heavy Trash...)
A lire : l'interview déjantée de Mister Williams réalisée en 1999




www.myspace.com/68691228
www.lamaroquinerie.fr

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 29/02/2008

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