16/07/2019  |  5211 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 15/07/2019 à 16:47:51
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Swell

Le Rat Pack (Clermont-Ferrand)
vendredi 14 novembre 2008

Le tournée européenne de l'excellent groupe Swell s'intitule Waiting for a beer somewhere in Europe, allusion au dernier titre du magistral album du retour des californiens, South of the rain and snow... Malheureusement, il y avait peut être également une allusion au penchant de David Freel pour la bouteille, le concert dramatiquement alcoolisé donné au Rat Pack à Clermont-Ferrand peut le laisser supposer.

Incapable de se souvenir de ses propres morceaux, entrainant ses deux musiciens dans sa chute vers le n'importe quoi, se plantant à chaque fois dans les samples qu'il voulait déclencher sur son i Pod, ricanant niaisement en plein morceau, arrêtant le concert pour demander à boire, notre homme ira jusqu'à déclarer vers la fin : "le problème quand on boit, c'est qu'on perd le fil et qu'on ne sait plus jouer ses morceaux : on ne se souvient plus si c'est un accord majeur ou mineur... (rires idiots)". Certains ont trouvé ça admirablement punk, superbement déjanté et incroyablement LO-Fi, mais qu'on ne s'y trompe pas : c'était un concert globalement mauvais et déprimant avec de nombreux instants de fulgurances ; quand on écrit des morceaux aussi beaux que ceux de Swell, quand on possède une voix aussi effarante de classe que celle de David Freel et quand on maitrise l'art du jeu minimaliste sur une guitare acoustique, tout ne peut être mauvais... De là à dire que ce fut un concert génial, il y a un pas que nous ne franchirons pas, contrairement aux fans, sans doute poussés par une mauvaise foi caractérisée ou une alcoolisation trop poussée (décidément !). Oh et puis après tout, chacun ses goûts, certains masochistes aiment qu'on se foutent de leur gueule à tout va, et c'est leur droit le plus strict ! Mais très peu pour nous...

Après un début correct, et deux ou trois bons moments (rapidement gâchés toutefois par les approximations du leader de Swell ou par un guitariste hors sujet, voire un batteur souvent déboussolé), le "show" commence à sombrer dans le franchement déprimant après le massacre de l'immense Sunshine everyday (un extrait du bouleversant Too many days without thinking) : avec une panne de mémoire en plein milieu de la montée vers le septième ciel pop 'n folk. Quand on est hyper fan, qu'on attend un concert depuis longtemps et qu'on écoute quasi religieusement les disques à la maison, c'est franchement désespérant d'assister à une telle mascarade, surtout après avoir vécu il y a quelques années un concert superbe de Swell (au grand complet) presque ruiné par un public de bikers débiles à Cunlhat, à l'infect et heureusement défunt festival Free Wheels.

La région de Clermont-Ferrand ne porte décidément pas chance à Swell... et à ses fans. Il ne nous reste donc plus que nos yeux pour pleurer, les disques géniaux - entre folk aride, pop lumineuse et rock velvetien - de Swell à écouter encore et encore, sans oublier une belle série de bières à boire, pour oublier cette soirée triste à crever.

A lire également, la chronique de la Black Session de Swell donnée à Paris il y a peu, ainsi qu'une critique du Lost Album, paru récemment...

Sites internet : www.swellsongs.com, www.myspace.com/swelltheoriginalone, www.talitres.com/Swell, www.myspace.com/ratpackclub.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 17/11/2008

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