23/05/2019  |  5195 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 23/05/2019 à 08:15:03
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique concert
Television Personalities

La Flèche d'Or (Paris)
mercredi 28 janvier 2009

Depuis 15 ans, Television Personalities (TVP’s pour les intimes), groupe anglais d’after-punk totalement culte (et donc damné) n’a pas fait de concert à Paris. Il faut dire que Dan Treacy, le leader du groupe n’est pas un mec très fiable, il est du genre à annuler la prestation à la dernière minute. Avec une vie assez chaotique (drogue, prison, la rue), l’ami Dan est quelqu’un de relativement imprévisible. Donc c’est avec une certaine incertitude qu’on les attend de pied ferme dans la soirée « Rock Is Dead ? » qui a lieu dans l’ancienne gare de Charonne, La Flèche d’Or. L’ouverture des portes est annoncée à 19h30, mais il faudra attendre 23h15 pour les voir sur scène ! En attendant on absorbe de la bière, on regarde 2 titres des premières parties Tchiki Boum et Screaming Light qui ne nous laisse pas de souvenirs extraordinaires, sauf le fait qu’on a l’impression qu’ils jouent tous très (trop !) longtemps.

Image Hosted by ImageShack.us


Et pendant tout ce temps, Dan Treacy déambule dans la salle : cette fois-ci il ne fera pas faux bond, il est bel et bien là ! Côté style vestimentaire notre homme ne respire pas la pose glamour à la Franz Ferdinand, ou la rock attitude à la Iggy Pop. Il a opté pour le look prolo style ouvrier sur les docks, avec le bonnet de laine enfoncé sur la tête et un gros pull camionneur bien fermé jusqu’au col. Mais l’habit ne fait pas le moine, quoique…Le public ne l’a pas oublié, il est pas mal sollicité par un public qui s'est déplacé en nombre et dont l'âge varie de 17 à 50 ans. 

On en arrive au concert tant attendu. Après le lever de rideau, on voit sur scène 4 individus de sexe masculin « prolos » et sympas. Les trois musiciens qui accompagnent Dan sont apparemment de récentes recrues (mais ils n'ont pas 20 piges !). Dès le premier accord, le public connaisseur réagit positivement. Mais dès le 3ème titre, on a l’impression que ça part en « sucette ». En effet il ne faut pas trop demander au groupe de nous rejouer les versions des albums qui sont pourtant des classiques. (Re)écoutez Silly Girl et 14th Floor rappelle que ce sont de purs titres qui n'ont pas vieillis, au contraire. Visiblement ce soir les TVP's sont plus dans l’optique d’improviser, voire de massacrer les morceaux. Peut être parce qu’ils ne connaissent plus ou pas les chansons. Ainsi les versions live ressemblent plus à une succession de jams sessions où les musiciens se demandent ce que fabrique le chanteur Dan. Du coup les morceaux sont souvent approximatifs, avec des accords qui couinent sur la voix hésitante de Dan qui sonne souvent faux. Mais c’est peut-être ça une de leur ficelle, leur marque de fabrique. Cette recette qui aura fait des petits comme The Pastels ou Nirvana (Kurt Cobain était un fan des TVP’s).

Image Hosted by ImageShack.us

Du coup ce concert hors formatage, garde l’esprit punk anglais. Soit le trip « j'm’en foutiste » pour jouer trois accords et des mélodies faussement pop et avec de très bons textes. Dan va avoir 50 ans cette année, mais on a l’impression qu’il n’a fait aucun progrès depuis ses 18 ans, niveau vocalises. Cet aspect a un aspect touchant, mais au bout d’un moment cela devient quand même le grand n’importe quoi. Entre les titres "version live" (car en disque c'est un autre calibre) Dan raconte pas mal de conneries au public et ingurgite quelque canettes de bière. De part son accent, pas facile de comprendre tout ce qu’il raconte, du coup l’échange est un peu foireux. Malgré tout, quand le groupe joue des morceaux bien rythmés, tout de suite la magie opère et le public s'excite. Malheureusement pour retomber aussi sec sur le titre suivant, où l’approximation reprend le dessus. Au final, la magie aura été au rendez sur 3/4 des morceaux. Pour le reste c’est plus de la nostalgie et malgré tout, le bon fond de Dan qui nous aura fait apprécier cette performance chaotique. S'il y a une leçon à retenir de cette performance, c'est que la vie version "hardcore" laisse des traces quand on arrive à 50 piges !! Bon de là à boire de la Vittel et à faire du sport tous les jours, il ne faut pas non plus pousser !

Pour finir cette petite chronique, une remarque qui fera sourire les provinciaux. C’est dommage que le groupe soit monté sur scène aussi tard (du coup le concert a fini à 1 heure du mat'). Je pense aux banlieusards qui ont du choper le dernier train (car à partir de minuit, le fameux "jeudi noir" débutait) et ainsi râté la moitié du concert. Par contre ils ont eu la chance de voir en intégralité les concerts des 2 premières parties (sic). C'est sûr, ce sont des petits problèmes techniques et pas du tout punk, mais ça a son importance.

Photos signées Paskal Larsen




www.myspace.com/tvpersonalities
www.flechedor.fr

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 01/02/2009

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire