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Black Lips, Ponytail

La Maroquinerie (Paris)
samedi 14 février 2009

Saint Valentin débridée et rock 'n roll à la Maroquinerie avec les fous furieux surexcités de Ponytail et les mauvais garçons exhibitionnistes de Black Lips... En ce 14 février, si l'on voulait transpirer, s'énerver positivement et assister à un spectacle rock épicé avant de prolonger éventuellement la soirée en bonne compagnie, le bon choix de sortie sexy était situé rue Boyer à Paris. Certains avaient choisi le dîner aux chandelles avec le très débandant Richard Clayderman en fond sonore, mais avouez que pour éveiller les sens ça a quand même plus de gueule de voir deux excellents groupes américains se démener comme des beaux diables sur scène, non ?

Ponytail déménage sévère !

C'est dans une Maroquinerie déjà copieusement remplie (le concert est complet) que la troupe de doux dingues de Ponytail attaque son set, bille en tête ! Au menu (aphrodisiaque, si l'on aime l'amour vache) : cris de furie hystérique - Hi ha ho haaaaaaaaaaa, hiiiiiii ! -, batterie complètement partie dans le free, guitares tourbillonnantes, morceaux talentueusement déstructurés et criblés de cassures rythmiques... ça déménage sévère ! Et la mayonnaise bruitistico dansante prend immédiatement : les morceaux propices à la transe sonique font un effet bœuf, emmenant le public sur des terrains joliment inconnus. Une expérience arty punk du meilleur effet pour se mettre en appétit (sexuel) !

Les Black Lips honorent comme il se doit la Capitale des Gaules...

Le plat de résistance - de premier choix ce soir ! - arrive juste après en la personne des enfants terribles du rock garage pop que sont les Black Lips... Partis d'Atlanta, Géorgie, en début d'année 2009 pour promouvoir leur nouvel album - 200 Million Thousand (à paraitre en mars 2009) -, les quatre garçons dans le vent Southern Rock ont déjà réussi à se faire virer manu militari de leur tournée en Inde suite à des concerts incitant à l'hystérie collective, à quelques strip teases gratinés suivis de jeu de guitare en slide avec parties génitales...

ça défouraille à tout va !

Ce soir, dans la Capitale des gaules (bien nommée aujourd'hui : tout le monde est ultra chaud !), nos gais lurons sont très en forme, ils semblent ravis de jouer à Paris devant un public en ébullition. Et forcément, dans ces conditions idylliques, ils donnent le meilleur d'eux mêmes. Avec à leur tête un Cole Alexander des grands jours dans sa dégaine de mexicain (chapeau et cape), les Black Lips défouraillent à tout va, dégainant à qui mieux mieux leurs nouveaux titres (imparables Short Fuse, Starting Over, Drugs, Take my heart, I'll be with you... ), leurs mini tubes indé (Katrina, Bad Kids, Cold Hands, Dirty hands, Not a problem... ) et leurs reprises sauvages (Hippie Hippie Hourrah de Jacques Dutronc, et Too Much Monkey Business de Chuck Berry, en rappel final).

Ces gens-là savent écrire de putains de bonnes chansons

Le mélange proposé est vraiment de nature à jeter de l'huile sur le feu de la passion rock 'n roll : Southern Rock à trois voix (brailleuse pour Cole le petit polisson, rocailleuse pour le bassiste Jared Swilley et poussée à fond pour le phénoménal batteur/pantin désarticulé Joe Bradley, le guitariste Ian Saint Pé se contentant de bien faire hurler sa "six cordes" accordée à sa sauce... ), pop à refrains à gueuler en chœur façon Beatles/Kinks/Troggs/Modern Lovers, rock psyché façon 13th Floor Elevators et garage aussi débraillé que dissonant. Malgré leurs looks improbables, leurs facéties (le solo de guitare sur une note avec génuflexion rapide, crachat de bonne aloi et rattrapage dudit crachat en bouche, ça vous dit quelque chose ?) et leur son déjanté, force est de constater que ces gens-là savent écrire de putains de bonnes chansons, le genre de truc qu'on est heureux de pouvoir hurler à l'oreille de son voisin immédiat en se jetant partout !

Décidément, ces sales garnements ne respectent rien !

Forcément, avec de telles dispositions, c'est un joyeux bordel dans la salle : ça slamme, ça crie, ça pogote, ça balance de la bière et de l'eau sur scène... Toujours prompts à faire le show, les Black Lips offrent donc des roses à leur public parisien pour lui déclarer leur flamme. Celui-ci, pas chien - plaisir d'offrir, joie de recevoir... - , gratifie en retour Cole Alexander d'un joli cadeau : lors de son slam, il se fait balloter comme un malade avec sa guitare au dessus des bras levés. Le résultat de cette partie de jambes en l'air ? Pour le rappel, notre homme revient tout sourire, monte sur la batterie, et ce pour faire admirer complaisamment son "ding dong", à l'air libre depuis l'agression sauvage des fans sur son entrejambe... S'en suit un rappel d'anthologie avec en particulier une chanson gospel introduite de cette façon : "on déteste Dieu, mais on aime chanter sur lui... " Décidément, ces sales garnements ne respectent rien, et c'est peut être aussi un peu pour ça qu'on aime tant leurs chansons délurées, particulièrement un jour de sacro sainte et cul cul Saint Valentin !

A lire également, une chronique d'un bon concert des Black Lips à Feyzin en 2008.

Sites Internet : www.myspace.com/jreamteam, www.black-lips.com, www.myspace.com/theblacklips, www.vicerecords.com, www.youtube.com

Photos live à la Maroquinerie : Paskal Larsen


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 22/02/2009

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