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Les Wampas

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
vendredi 6 mars 2009

Les gens l’appellent L’idole des punks…

De passage dans le club de la Coopérative de Mai pour la tournée consécutive à l’album Les Wampas sont la preuve que Dieu existe, Didier Wampas et ses souffre-douleur préférés ont donné l’un des concerts réussis dont ils ont le secret : violemment punk rock ‘n roll, génialement idiot et franchement acrobatique… Habillé comme un fou chantant rock (chapeau en lamé, blouson en cuir, pantalon moule burnes… ), l’inénarrable Didier W. a justifié sa réputation d’idole des punks avec une prestation enflammée, extrêmement drôle et pour le moins sportive… De là à croire que Dieu existe, il y a un pas que nous ne franchirons toutefois pas…

Ce soir, c’est Félix !

Grâce à la résidence du chanteur Christophe dans la grande salle (le premier concert de sa tournée est prévu ici même le dimanche 8 mars), Les Wampas sont contraints d’investir la petite salle, pour le plus grand bonheur des 450 fans réunis à l’intérieur (qui bénéficient d’une ambiance de feu) et pour le plus grand malheur des malchanceux n’ayant pu rentrer (une séance de rattrapage est prévue pour eux en novembre 2009). Et là, c’est le miracle inattendu, ce soir c’est Noël à la Coopé : on oublie ses petits problèmes personnels, on met son courroux contre le côté show biz et peu inspiré de Mr Wampas sur son dernier méfait discographique (U.NI.V.E.R.S.AL, quelle rébellion, Pascal Nègre doit trembler dans son Rolls !, J’écoutais les Cramps, belle hommage rendu aux ridiculissimes BB Brunes !) et l’on assiste au show Wampas aux premières loges, bouche bée, puis un large sourire aux lèvres… Si le résultat final vaut le coup d’œil, on plaint les musiciens (très bons : une section rythmique inébranlable, deux guitaristes énervés Mr Almosnino et Tony Truant) et les roadies d’avoir à supporter pareil voyou tous les jours (guitaristes « lâchement » poussés dans le public, guitares jetées presque à chaque fin de morceau dans la foule et qu’il faut ensuite récupérer… ). Véritablement intenable, chantant admirablement mal, jouant de la guitare comme un gamin de 10 ans, D.W. fait le show, comme à chaque fois serait-on tenté de dire. Oui, mais là, il semble encore plus envie d’en faire des kilos, parce que le public est très proche et a du répondant. Notre homme ira jusqu’à grimper sur la mezzanine au péril de sa vie et des muscles de ceux qui tiennent sa chaise en l’air, et de celui qui a du le hisser à la force du poignet. Ajoutez à cela, deux ou trois escapades debout sur le bar, un slam en sandwich avec une fan, des discours joyeusement débiles et un sketch hilarant avec le petit Félix, 7 ans, qui refuse de dire « ce soir c’est Noël », et répond toujours « Félix » à la question « ce soir c’est quoi ? », et vous obtenez un concert réjouissant.

Superficiels... mais essentiels !

Et la musique dans tout ça ? Là aussi, net mieux par rapport aux derniers passages des Wampas en Auvergne (on se souvient d’un concert lamentablement bâclé à Thiers.. ), les Wampas proposent un show best of (c’est toujours pareil, mais quand c’est bien, hein… ), Didier W. se souvient des paroles et les vocifère comme un dératé… Les incontournables (Comme un Punk en Hiver, Rising, L’éternel, Les Bottes rouges, Yeah Yeah Yeah, Ce soir c’est Noêl, Petite Fille, For the rock… ) sont agrémentés des meilleurs nouveaux titres (Je me suis noyé, Persistance rétiniennes, Je n’aime que toi, Georges Marchais, Elle est où ma loge ?) et d’une surprise, la reprise de L’idole des jeunes (transformé en L’idole des punks) en duo guitare/voix avec le très patient Philippe Almosnino. Sinon, rien de changé : les phrases à l’emporte pièce, les analyses politiques sont toujours aussi bas du front, et c’est ça qui est bon, les Wampas sont superficiels… mais essentiels (comme le dit le t-shirt arboré par le maître de cérémonie) au paysage musical français… En mélangeant joliment le punk, le rock, le psychobilly et les chansons d’amour touchantes de niaiserie (on sait tous que l’amour ne dure pas toujours, mais il est parfois bon d’entendre hurler le contraire dans un micro fracassé… ), les Wampas permettent de passer 1 heure 30 dans une bulle de franche déconnade, qui redonne de la vigueur pour un bon bout de temps ! Et ça, ce n’est pas grâce à Dieu (qui aux dernières nouvelles est mort d’ailleurs… ) mais à Saint Didier Wampas, qui est toujours le roi (des cons rock ‘n roll).

Les Wampas sont actuellement en tournée en France.

A lire également, des interviews de Didier Wampas réalisées en février et mai 2003, une chronique de l'album Rock 'n roll part 9, du single Chirac en prison et des comptes rendus de concerts des Wampas à la Coopérative de Mai en 2006, en 2003 et en en 2000, à Sannois, Melun, aux Eurockéennes de Belfort, aux Efferv'Essonne et au Zénith de Paris, en mai 2006.

Sites Internet : www.wampas.com, www.myspace.com/wampas.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 07/03/2009

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